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Médecine Dentaire
Traitements chirurgicaux des poches parodontales
Cours de Médecine Dentaire
 
 
 

Introduction :

En présence de poches parodontales, la réduction ou l’élimination de ces poches constitue l’objectif principal de nos actes chirurgicaux.

Si le détartrage et le surfaçage radiculaire représentent le geste essentiel de la thérapeutique initiale, ils ne permettent le plus souvent qu’une réduction des profondeurs de sondage, insuffisante pour stabiliser une parodontite.

Si nous souhaitons éliminer les poches résiduelles, il nous faut choisir des techniques chirurgicales permettant :

• soit la suppression de ces poches et éventuellement des défauts osseux qui leur sont associés (ce sont les techniques de gingivectomiegingivoplastie, de lambeau positionné apicalement avec ou sans ostéoectomie).

Si les atteintes sont trop importantes, on peut également éliminer la composante dentaire des lésions (hémisection, amputation radiculaire, extraction stratégique) ;

• soit la reconstruction des tissus lésés pour tenter leur régénération (ce sont les techniques de greffes osseuses, de régénération tissulaire guidée, d’emploi de protéines amellaires, voire d’association de ces techniques.

Objectifs du traitement chirurgical :

A - Améliorer les résultats de la thérapeutique initiale :

La chirurgie s’inscrit dans la continuité de la thérapeutique initiale quand, au moment de la réévaluation, chez un patient motivé et assurant un bon contrôle de plaque, le sondage parodontal met en évidence des profondeurs de poches résiduelles supérieures à 4 mm et/ou provoquant un saignement.

Le saignement au sondage n’est pas, à lui seul, un motif suffisant pour justifier une intervention chirurgicale.

Le saignement ponctuel au sondage ne permet pas de déterminer l’activité du site.

Il ne dénote qu’un écart par rapport à l’état sain.

La première phase du traitement de toute maladie parodontale consiste à éliminer le biofilm et les dépôts de tartre adhérents aux surfaces radiculaires.

Cependant, l’efficacité du surfaçage radiculaire dépend de plusieurs paramètres.

L’anatomie radiculaire, de par ses concavités et ses multiples versants, a un effet majeur sur l’efficacité du surfaçage radiculaire.

En effet, le surfaçage est essentiellement fondé sur le sens tactile, aussi toute anomalie de surface accroît le risque de laisser des dépôts de plaque et de tartre sur les racines.

Bower met en évidence des résultats moins bons, en termes de gain d’attache clinique et de diminution de profondeur au sondage, au niveau des molaires par rapport aux dents monoradiculées.

Pour Matia et al., le traitement non chirurgical est peu efficace sur les molaires mandibulaires.

La profondeur des poches parodontales est un autre facteur de limitation de l’efficacité du surfaçage radiculaire.

Jones et O’Leary montrent qu’au-delà de 5 mm de perte d’attache, 18 à 20 % de dépôts de tartre persistent sur les surfaces radiculaires.

Aussi est-il fréquent de retrouver des profondeurs de poches parodontales résiduelles supérieures à 4 mm lorsque les lésions initiales étaient plus profondes ou situées dans des zones difficiles d’accès.

Dans ce contexte, l’accès direct aux surfaces radiculaires par un procédé chirurgical permet d’atteindre les dépôts tartriques résiduels, le tissu de granulation ainsi que l’épithélium de poche qui peuvent être localisés et éliminés.

Des projections et/ou des perles d’émail situées à l’entrée des espaces interradiculaires, souvent responsables de lésions interradiculaires, peuvent aussi être décelées et corrigées.

Des corrections de restaurations sous-gingivales débordantes sont également possibles.

Cet accès permet aussi d’apprécier la quantité de tissus mous marginaux et de la modifier si nécessaire : en effet, l’obtention d’une architecture gingivale compatible avec le maintien d’un contrôle de plaque efficace par le patient est un argument décisionnel dans la mesure où il pérennise les résultats obtenus.

B - Évaluer les défauts osseux :

Il faut évaluer leur morphologie, leur profondeur et leur environnement afin de déterminer une attitude thérapeutique adaptée.

Si leur résection est envisagée, on doit évaluer la perte d’os de soutien consécutif à leur correction et les conséquences en termes de rapport couronne racine.

Si leur régénération est tentée, il faut apprécier leur potentiel de cicatrisation pour choisir la technique la plus fiable.

Avec Sato (2002), on peut résumer ainsi les objectifs de la chirurgie parodontale (limitée au traitement des poches) :

• accessibilité des instruments aux surfaces radiculaires ;

• élimination de l’inflammation ;

• création d’un environnement buccal permettant un contrôle de plaque efficace : C par l’élimination des poches parodontales ; C par la correction des défauts gingivaux et de la morphologie osseuse pouvant entraver le contrôle de plaque ; C par la réalisation d’amputations radiculaires ou de traitements susceptibles de faciliter la maintenance ; C par la création d’embrasures accessibles à l’hygiène ;

• régénération des lésions induites par la maladie parondontale.

C - Principes des traitements chirurgicaux :

Parmi la multitude de techniques décrites, il est difficile de définir lesquelles peuvent s’appliquer à un cas clinique donné.

Des variables comme la quantité de tissu kératinisé, la présence de lésions intraosseuses, la situation plus ou moins esthétique des zones concernées ou encore la possibilité que plusieurs techniques puissent être combinées ont conduit certains auteurs à établir une « stratégie » chirurgicale en fonction de la composante tissus mous et/ou tissus durs de la lésion sur un site donné.

En présence d’une lésion supraosseuse concernant donc les seuls tissus mous le choix est celui d’un lambeau non déplacé (lambeau de Kirkland ou lambeau de Widman modifié) ou déplacé apicalement.

En présence d’une lésion intraosseuse, les choix se font entre l’assainissement de ce défaut (en espérant une certaine réparation de celui-ci par remplissage osseux) ou bien l’élimination de ce défaut par ostéoectomie–ostéoplastie) ou enfin la régénération par l’application d’une technique adaptée.

Les lambeaux sont alors soit déplacés apicalement en cas de résection osseuse soit visent à préserver la totalité des tissus en cas de technique régénératrice (lambeau esthétique d’accès ou de préservation papillaire).

En fonction du type de lésion (défaut supraosseux ou intraosseux), de la quantité de tissu kératinisé et de nos objectifs thérapeutiques, les lambeaux sont d’épaisseur totale (lambeaux mucopériostés), d’épaisseur partielle ou encore association de ces deux techniques quand on souhaite avoir un accès osseux et repositionner les lambeaux soit coronairement, soit apicalement.

1- Chirurgie d’accès :

Dans la plupart des cas, le clinicien utilise une technique « classique » donnant accès aux lésions à traiter et la modifie si des particularités anatomiques (profondeur des poches, quantité de tissu kératinisé et morphologie osseuse par exemple) ou des options thérapeutiques l’exigent.

Nous décrirons donc cette chirurgie « d’accès » appelée encore « lambeau–curetage, d’assainissement ou de débridement ».

La situation la plus courante consiste à élever un lambeau d’épaisseur totale et à le repositionner dans sa situation initiale.

Parmi les nombreuses techniques proposées, les plus utilisées semblent associer celle du lambeau de Kirkland et du lambeau de Widman modifié publié par Ramfjord et Nissle en 1974.

Dans leur conception, ces chirurgies étaient déjà conservatrices en éliminant peu de tissu gingival et en respectant le système d’attache existant à la base de la poche.

Pour Kirkland, une incision unique intrasulculaire et festonnée permet l’accès aux surfaces radiculaires.

Après réclinement du lambeau et débridement, les lambeaux sont suturés dans leur position initiale.

Aucune éviction de gencive marginale n’ayant été réalisée, l’épithélium de la poche n’est donc pas éliminé et les réductions de poches sont donc minimes.

Cette technique peut encore trouver ses indications sur les secteurs esthétiques où ce compromis peut être adopté.

Dans le lambeau de Widman modifié, l’incision primaire à biseau interne est festonnée, située à 0,5-1 mm du rebord gingival (cette première incision peut être même intrasulculaire si les poches sont inférieures à 2 mm ou si les critères esthétiques sont déterminants).

Cette incision rejoint la crête osseuse.

À ce stade, un lambeau mucopériosté est récliné, donnant accès au rebord osseux qu’on expose à minima. L’incision secondaire est intrasulculaire pour atteindre le fond de la poche.

Les mêmes principes sont appliqués pour les incisions palatines ou linguales.

Une troisième incision, perpendiculaire aux deux premières, permet la section des fibres résiduelles et l’éviction d’une collerette gingivale qui contient l’épithélium de poche et le conjonctif infiltré.

En pratique, ces trois incisions sont rarement réalisées, mais le clinicien garde à l’esprit les principes de conservation tissulaire et de respect du système d’attache résiduel.

En fait, en présence d’un tissu peu inflammatoire et fibreux, l’éviction gingivale est minimale (incisions à 1 mm du rebord gingival ou encore intrasulculaires) surtout si les sites concernés sont antérieurs.

En revanche, sur les sites postérieurs, l’économie tissulaire est moindre surtout si le but recherché est la réduction maximale des poches existantes.

La section des tissus interproximaux est faite à l’aide d’un bistouri d’Orban ou de Buck pour éviter leur dilacération.

On veille également à festonner le plus possible les incisions au niveau interdentaire de façon à inclure le maximum de tissu papillaire dans les lambeaux.

Au niveau palatin, l’incision primaire peut être accentuée (2 mm) en regard des faces palatines des dents de façon à pouvoir plus facilement coapter les berges interproximales lors de la fermeture des lambeaux.

Des incisions de décharge verticales peuvent être réalisées dans la mesure où le lambeau n’est pas déplacé.

Elles ne sont pas impératives mais elles améliorent l’accès si le lambeau concerne peu de dents.

Ces incisions réduisent la revascularisation des lambeaux surtout si nous sommes en présence de tissus fins.

Elles évitent les zones papillaires et sont placées au tiers mésial ou distal des dents adjacentes au site opératoire.

Le débridement consiste en l’ablation des dépôts sous-gingivaux situés sur les racines, en l’élimination du tissu de granulation ainsi qu’en la réalisation du surfaçage radiculaire au moyen de curettes adaptées et/ou d’inserts ultrasoniques appliqués sans pression excessive et avec une irrigation pouvant contenir des antiseptiques.

Ce débridement mécanique à « ciel ouvert » permet un bon contrôle des sites traités et semble donner des résultats au moins égaux à ceux obtenus avec les instruments manuels.

Dans son esprit, cette chirurgie d’accès n’est pas entreprise pour réaliser une chirurgie osseuse résectrice ou régénératrice, on préfère, pour ces indications, réaliser des lambeaux déplacés ou des techniques de préservation papillaire.

Toutefois, en présence de défauts minimes, une discrète correction osseuse peut être effectuée.

Les sutures, discontinues, replacent les lambeaux dans leur situation initiale.

On fait en premier lieu les sutures des incisions de décharge (s’il y a lieu) puis les sutures interdentaires.

Il faut impérativement que les berges interproximales des lambeaux vestibulaire et palatin (ou lingual) se rejoignent au mieux dans les espaces interdentaires pour obtenir sur ces sites une bonne protection du caillot et tenter une cicatrisation par première intention.

Dans ce but, des sutures en « matelassier » croisé permettent le bon positionnement des papilles et évitent la présence des fils de suture sous les papilles.

2- Particularités anatomiques :

* Accès distal des sites édentés :

Il est fréquent d’observer en distal des molaires une quantité de tissus mous qui nous oblige à modifier nos tracés d’incision pour pouvoir assainir les lésions présentes et retrouver après chirurgie une anatomie plus favorable à la maintenance.

C’est la technique du «distal wedge » proposée par Robinson dont plusieurs variantes permettent d’adapter les tracés en fonction de la profondeur des lésions et de la quantité de tissu kératinisé existante.

* Préservation papillaire au niveau des sites antérieurs :

Le lambeau esthétique d’accès utilise des incisions intrasulculaires périradiculaires.

La séparation des lambeaux vestibulaire et palatin (ou lingual) se faisant au moyen d’une incision perpendiculaire de la gencive interdentaire déportée en palatin (ou lingual).

La totalité de la gencive interdentaire est alors disséquée et emportée dans le lambeau vestibulaire.

Ce type d’incisions permet une bonne stabilité de la plaie de par le repositionnement précis des papilles.

Proposée sous d’autres noms ultérieurement, cette technique permet non seulement de réaliser un débridement avec un risque restreint de récession sur des sites esthétiques, mais permet aussi d’effectuer des chirurgies régénératrices.

3- Évaluation de la régénération après les chirurgies d’accès :

Bien que ce type de chirurgie ne soit pas destiné au traitement des défauts intraosseux, des études ont montré qu’une certaine régénération osseuse est possible.

La quantité d’os néoformé varie selon la forme du défaut (trois parois ou défaut circulaire), de sa profondeur, de la quantité de résorption osseuse crestale ainsi que du niveau de maintenance effectué par le praticien et le patient.

En aucun cas on observe une nouvelle attache conjonctive.

Un long épithélium de jonction (dont les cellules les plus apicales sont situées au niveau de l’attache présente en préopératoire) s’interpose entre la racine et l’os néoformé.

En ce qui concerne la récession tissulaire marginale, celle-ci se développe dès la phase initiale de la cicatrisation et se poursuit pendant 6 à 12 mois.

Son développement varie essentiellement selon l’importance des lésions initiales, mais doit être aussi corrélé avec l’épaisseur des tissus mous et la quantité de résorption osseuse crestale.

4- Chirurgie résectrice :

La chirurgie résectrice permet l’élimination des excès de tissus mous et/ou de tissus durs.

Elle a été la chirurgie de choix pour le traitement chirurgical des poches parodontales jusque dans les années 1990.

Depuis, les exigences esthétiques ont évolué et la chirurgie résectrice, ayant toujours pour conséquence l’allongement de la couronne clinique, a vu ses indications limitées aux secteurs postérieurs ou dans certaines situations cliniques.

* Principes :

La chirurgie résectrice a pour but de réduire la profondeur de la poche parodontale et d’améliorer l’architecture gingivale et osseuse afin de donner au parodonte une anatomie facilitant le contrôle de plaque.

La chirurgie résectrice peut être réalisée au moyen d’une gingivectomie (excision de gencive) ou d’un lambeau positionné apicalement associé ou non à une résection osseuse.

+ Chirurgie résectrice des tissus mous :

La gingivectomie constitue la thérapeutique chirurgicale la plus ancienne.

Son principal objectif est de supprimer les tissus mous constituant les parois de la poche parodontale.

Son indication actuelle devrait être limitée à la création d’un contour gingival physiologique harmonieux et à l’élimination des poches gingivales ou « pseudo-poches » formées au cours d’un accroissement gingival. Nabers en 1954 a introduit la notion de gencive attachée positionnée apicalement, mais c’est Friedman, en 1962 qui a proposé le terme de « lambeau positionné apicalement ».

Ce lambeau de pleine épaisseur positionné au niveau de la crête alvéolaire permet d’éliminer la poche parodontale en préservant la gencive kératinisée.

+ Chirurgie résectrice des tissus durs :

La chirurgie osseuse résectrice est, elle aussi, ancienne.

Elle corrige les déformations osseuses créées par la maladie parodontale.

Widman, en 1918 puis Neumann, en 1920 ont décrit les techniques de chirurgie résectrice comportant une résection osseuse superficielle.

Crane et Kaplan, en 1931 considéraient que l’os environnant les défauts osseux était « nécrotique » et par conséquent devait être éliminé.

La résection osseuse est alors devenue plus importante dans le dessein de prévenir l’évolution de l’atteinte parodontale.

Depuis les études d’Orban en 1939 qui ont montré que l’os n’est ni nécrotique, ni infecté mais détruit par un processus inflammatoire, la chirurgie osseuse résectrice n’est utilisée que dans l’objectif de recréer un contour osseux physiologique.

En ce sens, la chirurgie osseuse résectrice est indiquée dans les cas de défauts intraosseux et de cratères osseux peu profonds (inférieurs à 3 mm), étroits et larges.

En présence de tels défauts, la résection osseuse est le seul moyen d’obtenir un contour gingival physiologique et de permettre d’obtenir

– à partir d’une architecture gingivale dite « négative » ou « inversée » créée par la maladie parodontale

– une architecture gingivale dite « positive ».

Dans les cas de cratères osseux interdentaires, le remodelage osseux d’un des sommets suffit à recréer une anatomie convexe et donc à faciliter le contrôle de plaque.

L’accès aux instruments d’hygiène étant plus facile par le côté palatin au niveau du maxillaire, le sommet palatin est réséqué et inversement à la mandibule.

La chirurgie osseuse résectrice doit cependant respecter un rapport couronne clinique racine clinique supérieur à 1 afin de ne pas compromettre le pronostic des dents.

Elle est limitée par l’exposition possible des espaces interradiculaires au niveau des dents pluriradiculées.

La résection osseuse doit être un compromis entre la quantité d’os à éliminer pour obtenir une morphologie tissulaire physiologique et une résorption intrinsèque liée à l’exposition osseuse lors du réclinement des tissus mous.

Dans le cas de défauts osseux interradiculaires, la chirurgie osseuse résectrice peut être associée aux techniques d’hémisection, d’amputation radiculaire ou de tunnellisation, toujours dans le dessein de créer des conditions plus favorables au contrôle de plaque.

* Techniques :

La chirurgie résectrice, comme toute thérapeutique chirurgicale, nécessite une analyse préopératoire.

Cette analyse permet d’envisager les différents éléments de décision thérapeutique tels que :

• le rapport couronne clinique/racine clinique ;

• la profondeur des poches parodontales ;

• la quantité de gencive kératinisée et attachée ;

• le contour gingival ;

• la position de la ligne du sourire.

La possibilité de réduire ou non un excès tissulaire par la chirurgie résectrice dépend de la possibilité d’allonger la couronne clinique.

La profondeur des poches parodontales et la hauteur de gencive kératinisée et attachée, appréciées par le sondage, permettent de déterminer la technique appropriée et de présager des résultats postopératoires.

Le choix d’une chirurgie résectrice dans le secteur antérieur doit dépendre de la position de la ligne du sourire afin d’éviter un préjudice esthétique.

+ Chirurgie résectrice des tissus mous :

– Gingivectomie gingivoplastie.

La gingivectomie peut être utilisée lorsque la gencive kératinisée est en quantité importante (plus de 3 mm).

La gingivectomie à la lame 15 est la technique la plus employée car les gingivectomies au bistouri électrique (électrotomie) et au laser occasionnent une altération des tissus et un retard de cicatrisation.

La gingivectomie peut être à biseau interne (GBI) ou à biseau externe (GBE)

La GBE consiste en un marquage des poches réalisé à l’aide d’une précelle de Crane Kaplan ; les points sanglants, qui indiquent le fond des poches, dessinent le tracé d’incision.

L’incision est continue en direction coronaire avec un angle de 45° par rapport à l’axe de la dent.

Les bistouris d’Orban ou de Buck peuvent faciliter l’excision des tissus interdentaires.

Le surfaçage peut alors être réalisé à « ciel ouvert ».

Un pansement parodontal de type Coe-Pack® est souvent indiqué pour protéger la zone cruantée.

La cicatrisation de seconde intention génère des douleurs postopératoires et une hémostase souvent difficile à contrôler.

Ces inconvénients font que les praticiens préfèrent la GBI.

Le tracé d’incision de la GBI est festonné en biseau interne jusqu’au contact des tissus durs.

Une collerette gingivale est éliminée à l’aide d’une curette, et l’accès aux surfaces radiculaires est alors créé.

Des sutures en point simple permettent de réappliquer les tissus gingivaux sur les tissus dentaires.

La cicatrisation de première intention offre un confort postopératoire et les mesures d’hygiène peuvent reprendre rapidement.

L’intervention est simple, rapide et sans douleur.

Quelle que soit la technique utilisée, une fois les surfaces radiculaires exposées, un surfaçage radiculaire soigneux est réalisé.

Une épaisseur trop importante de tissu peut être réduite par une gingivoplastie qui améliore le contour gingival.

Après une GBE, les cellules épithéliales migrent sur la plaie cruantée de 0,5 mm par jour en direction coronaire.

La cicatrisation de la plaie se fait en 7 à 14 jours.

La GBI cicatrise par un épithélium jonctionnel long qui migre le long de la surface radiculaire en direction apicale.

La cicatrisation complète intervient en 4 à 5 semaines.

– Lambeau positionné apicalement (LPA).

L’objectif du LPA est de repositionner la totalité de la gencive kératinisée dans une situation plus apicale.

Il est indiqué lorsque la hauteur de gencive kératinisée est égale ou inférieure à 3 mm et lorsque les poches parodontales sont peu profondes.

L’intervention comporte trois incisions : une incision intrasulculaire festonnée et deux incisions de décharge verticales.

Le lambeau est décollé en épaisseur totale jusqu’au rebord osseux crestal puis disséqué en épaisseur partielle afin de permettre le repositionnement apical au moyen de sutures périostées de type matelassier vertical.

La distance entre le bord libre gingival et l’os crestal doit être d’environ 3 mm dans le dessein de restaurer un espace biologique.

Les décharges sont suturées par des points simples.

Le LPA cicatrise par deuxième intention au niveau interproximal du fait du repositionnement apical.

Histologiquement, on retrouve un long épithélium de jonction.

Le décollement du lambeau exposant l’os alvéolaire entraîne une légère résorption osseuse suivie d’une réparation.

Une controverse existe quant à la position du bord libre gingival après complète cicatrisation.

Bragger et al., en 1992 décrivent une migration coronaire ou «creeping » de la gencive alors que Kois, en 1994 décrit une migration apicale de cette gencive.

Un déplacement de la gencive est observé mais la position des tissus mous après cicatrisation diffère très peu de celle du lambeau au moment des sutures si la distance bord libre gingival rebord crestal de 3 mm a été respectée.

Le niveau d’attache clinique est stable à 6 mois postopératoires.

Du fait du déplacement apical du lambeau, le LPA ne peut être réalisé en palatin mais dans cette zone, la gencive étant entièrement kératinisée, l’indication ne se pose pas.

+ Chirurgie résectrice des tissus durs :

La chirurgie résectrice des tissus durs comprend l’ostéoectomie et l’ostéoplastie.

L’ostéoectomie permet un remodelage des procès alvéolaires en éliminant de l’os de soutien contrairement à l’ostéoplastie qui ne nécessite pas l’élimination de l’os de soutien.

L’ostéoplastie permet une harmonisation des contours (irrégularités, épaisseur) en restant économe de tissu osseux.

La quantité d’os à éliminer ne peut être décidée que pendant l’intervention après l’élévation du lambeau et l’élimination du tissu granulomateux, lorsque l’on a un accès visuel de l’os et des défauts.

La réalisation de la chirurgie osseuse résectrice se fait à l’aide de fraises boules à lames, en carbure de tungstène, à vitesse lente et sous irrigation.

Autour des surfaces radiculaires, le remodelage osseux peut être amélioré grâce aux ciseaux à os d’Oschenbein.

L’architecture osseuse doit refléter l’architecture gingivale souhaitée.

L’os éliminé peut être conservé à l’aide d’un récupérateur d’os de type OCT® (osseous coagulum trap) ou Bone-Trap® afin de combiner cette chirurgie résectrice à une chirurgie régénératrice en comblant un défaut avec cet os autogène.

Une résorption osseuse de 0,2 à 1 mm, indépendante de la quantité d’os éliminé, est observée. Plus l’os est fin, plus la résorption est importante.

Elle a pour cause une nécrose superficielle pendant 2 à 3 semaines suivie d’une phase d’apposition osseuse à 4 semaines.

+ Chirurgie résectrice des tissus mous et des tissus durs :

Le tracé de la GBI dépend de la profondeur des poches mais également de la présence de lésions osseuses.

La GBI permet de réaliser les lambeaux d’accès sur ces lésions osseuses avec une perte plus ou moins significative de tissu kératinisé.

Le LPA est un lambeau d’accès repositionné apicalement qui permet de traiter les défauts intra-osseux en conservant le tissu kératinisé. En présence de lésions osseuses et dans le cas de poches parodontales profondes, le LPA peut être associé à une GBI.

L’incision se fait plus ou moins à distance du rebord gingival en fonction de la profondeur des poches et des sites considérés si un compromis doit être trouvé dans les secteurs esthétiques.

L’ostéoplastie combinée à un LPA permet une meilleure adaptation des lambeaux mucopériostés au moment des sutures, l’objectif étant de reproduire une anatomie osseuse idéale en situant les tissus gingivaux plus apicalement.

La chirurgie résectrice, dans le traitement de la maladie parodontale, est une procédure chirurgicale ancienne qui a pour objectifs :

• de supprimer la poche parodontale ;

• de créer une architecture gingivale harmonieuse et un contour physiologique de la gencive dans une situation plus apicale ;

• d’établir une situation clinique stable en facilitant le contrôle de plaque.

La chirurgie résectrice perturbe la flore microbienne en modifiant l’environnement et la composition du biofilm sous-gingival.

Elle permet ainsi de réduire de façon efficace et fiable à long terme la poche parodontale à condition que la maintenance soit respectée.

Les techniques de chirurgie résectrice sont la gingivectomie ou le lambeau positionné apicalement associés ou non à une résection osseuse.

Le traitement de la maladie parodontale par la chirurgie osseuse résectrice diminue le support parodontal des dents, crée des sensibilités dentinaires et génère souvent un préjudice esthétique.

De ce fait, les indications de la chirurgie résectrice sont limitées à des défauts osseux peu profonds.

Les défauts osseux supérieurs à 3 mm sont traités par des thérapeutiques régénératrices si leur morphologie le permet.

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