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Médecine Dentaire
Phytothérapie et aromathérapie buccodentaires (Suite)
Cours de Médecine Dentaire
 
 
 

F - Menthe :

La menthe (Mentha), dérivé de Mintha, nom grec d’une nymphe que Perséphone (la Proserpine des romains) jalouse, assassina, et qui fut transformée en menthe par son amant, Hadès, dieu des Enfers.

La menthe comporte de nombreuses espèces.

Les plus connues sont les menthes : sauvage (herbe-dumort), sylvestre, des champs, Pouliot, aquatique, verte et crispée, frisée ou crépue, très commune en Sibérie.

La menthe officinale, dite « poivrée » (Mentha piperata), est un hybride de la menthe aquatique et de la menthe verte.

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Sa première description botanique remonte à 1696 (à Mitcham, Angleterre).

Les menthes font partie des Labiées.

Celse proposait ce remède : « lorsque la dent fait mal, il faut arracher de la menthe sauvage avec ses racines et la mettre dans un chaudron, verser dessus de l’eau, placer le malade assis tout contre, recouvert de tout côté d’un linge.

Alors on jette dans le chaudron des pierres brûlantes... et le patient, la bouche ouverte reçoit la vapeur..., il s’ensuit une sueur abondante et la pituite retenue (en ancienne médecine, l’une des quatre humeurs) coule par la bouche ».

De son côté, Scribonius Largus conseillait « de mâcher de la menthe sauvage, de faire passer la salive sur les dents douloureuses, de l’y maintenir un certain temps, et ainsi de permettre à la salive de pénétrer la cavité pathologique ».

La sensation de fraîcheur que l’on éprouve lorsqu’on mâche de la menthe est due à l’engourdissement des muqueuses de la bouche.

En usage externe, la menthe possède, en effet, des propriétés anesthésiques et analgésiques puissantes que l’on peut utiliser au cabinet.

Elle est également décongestionnante, antiprurigineuse, anti-inflammatoire et antinauséeuse.

De l’essence de menthe est utilisée dans des pâtes et élixirs dentifrices d’aujourd’hui.

Dans le Vidal® figurent plusieurs médicaments composés pour partie de menthol (tiré de la menthe), proposés en traitement adjuvant ou local d’appoint, pour les parodontopathies, stomatites, aphtes, douleurs dentaires, blessures sous prothèses, ou en bains de bouche, après extractions dentaires.

En outre, le menthol entre dans la composition du liquide (ou mélange) de Bonain (phénol + menthol + cocaïne), anesthésique local de contact, employé en chirurgie dentaire.

Le menthol est aussi présent dans des pâtes et élixirs dentifrices.

G - Millepertuis :

Le millepertuis (Hypericum perforatum, Hypéricacées) est dit « herbe aux mille trous », « herbe aux piqûres » et « chasse diable ».

Le millepertuis est une « herbe de la Saint-Jean.

La dénomination « herbe de la Saint-Jean » a été attribuée à sept plantes, dont la millefeuille, la petite joubarbe, la grande marguerite, l’armoise, la sauge et le lierre terrestre.

Ces herbes devaient être récoltées entre l’Angélus de midi du 23 juin et celui de midi du 24 !

La distribution du millepertuis couvre la plupart de l’Europe, l’Asie occidentale et centrale... et il s’est naturalisé sur tous les continents.

Il croît parfois en masse et sa densité s’étend sur de grandes étendues.

C’est ainsi qu’aux États-Unis, sur la région côtière du Pacifique, un coléoptère dut être importé d’Australie pour délivrer du millepertuis 200 000 hectares de pâturages ; la consommation excessive de millepertuis pouvant provoquer des phénomènes de photosensibilisation chez le bétail.

Le parenchyme des feuilles du millepertuis a la particularité d’être parsemé de petites glandes à essence translucides qui, regardées en transparence, apparaissent comme mille petits trous, d’où son appellation.

Le millepertuis contient beaucoup d’huile essentielle.

Il était dénommé «andosaemon » par les Anciens Grecs, parce que ses feuilles écrasées entre les doigts donnent un sang rouge, comparable au sang humain, parfois dit « sang du Christ ». Paracelse et bien d’autres ont toujours vanté ses propriétés.

L’huile de millepertuis, préparée par macération et digestion (500 g de sommités fleuries pour 1 l d’huile d’olive) est vulnéraire, calme les brûlures, régénère et cicatrise les plaies.

Elle est active sur les douleurs, surtout nerveuses. Les feuilles de millepertuis légèrement pilées et mises dans le trou de l’oreille calment souvent les maux de dents, disait-on.

De nos jours, on peut se procurer facilement une pâte dentifrice et un chewing-gum dentifrice (à dominante végétale) contenant du millepertuis (comme antiseptique et cicatrisant), en compagnie de camomille et de souci des jardins, entre autres.

H - Sauge :

La sauge (Salvia officinalis, Labiées) était considérée chez nos ancêtres (les Gaulois), ainsi que chez tous les autres peuples de l’Antiquité, comme la plante salvatrice par excellence, tellement merveilleuse qu’ils la jugeaient tous capable de guérir toutes les maladies.

Aux yeux des Druides, la sauge avait le pouvoir d’arrêter les fièvres, toux, bronchites et rhumatismes...

On croyait qu’elle avait des vertus magiques.

C’était un peu la sorcière de la famille : « celui qui veut vivre à jamais doit manger la sauge en mai ».

L’École de Salerne prônait cet axiome : « pourquoi mourrait l’homme dont le jardin héberge la sauge ? ».

« Qu’à de sauvi din soun jardin, a pas besoun de médecin » est un dicton provençal, qu’on connaît toujours bien.

La culture de la sauge doit remonter au début de notre ère, tout d’abord en Grèce puis en Italie.

Au Moyen-âge, les moines bénédictins l’introduisent dans leur jardin.

De là, elle ira dans ceux des paysans.

Elle était recommandée dans les Capitulaires de Charlemagne.

La sauge, « herbe sacrée des Latins », est aussi dite « thé » de Provence, de France, de Grèce et d’Europe.

Selon Saint-Simon, Louis XIV buvait chaque matin, à son lever, deux tasses de sauge et de véronique.

Cette habitude est confirmée dans des notes de Fagon (premier médecin du Roi), datant de 1701.

La sauge officinale possède des propriétés locales astringentes et cicatrisantes.

La sauge des prés (Salvia pratensis) et la sauge sclarée (Salvia sclarea) ont les mêmes propriétés.

La sauge officinale, à la différence de la sauge sclarée, fournit une huile essentielle composée à 50 % de thuyone, laquelle est neurotoxique.

Dans le Vidal® (section produits de soins, d’hygiène et de santé) on trouve une spécialité antiseptique contenant un extrait hydroglycolique de sauge. Son nom s’inspire d’ailleurs du mot « sauge ».

La sauge officinale est inscrite à la Pharmacopée française (Xe édition) et dans la liste des tisanes.

Autrefois, on donnait ce conseil : « faut frotter les dents et laver la bouche tous les matins à jeun avec les feuilles de sauge ou de la décoction ».

Pour apaiser la douleur des dents la sauge a aussi été indiquée en masticatoire : « mâchez des feuilles de romarin ou de sauge, baissez la tête, et laissez couler les eaux qui en tombent en crachant, la fluxion et le mal s’apaiseront » (sic).

Aujourd’hui, on emploie de l’essence essentielle de sauge officinale dans des dentifrices et bains de bouche.

La sauge entre dans la composition du « Tégarome » (de Jean Valnet), produit d’hygiène à base de plantes pouvant être utilisé contre les aphtes et les parodontopathies (Le « Tégarome » est un mélange d’essences de lavande, thym, sauge, eucalyptus, romarin, cyprès, niaouli et géranium).

I - Thé :

Le thé était déjà connu en 2737 avant J.-C.

Le mot thé, dont la forme est tirée du latin, vient du chinois «teh » par le néerlandais ou «theh », mot usité dans la Province de Fokien. Le thé fut signalé pour la première fois en Occident par le vénitien Ramusio (1485-1557).

On dit qu’il arriva à Paris en 1636, à Londres en 1650 et à Moscou en 1659.

En France, la première thèse médicale consacrée au thé fut celle de de Mauvillain, filleul de Richelieu, soutenue en mars 1648.

Le thé est une substance constituée par les feuilles du théier (Thea officinarum ou sinensis, Ternstroemiacées), arbrisseau cultivé principalement en Chine, au Japon, à Ceylan (Sri Lanka), en Inde et Insulinde... mais qui a aussi été introduit dans notre hémisphère.

À notre époque, l’Inde et Ceylan totalisent 75 % des exportations mondiales de thé. Celui-ci est un puissant antioxydant grâce à ses flavonoïdes, notamment les catéchines et les polyphénols (dans le thé vert).

Ces flavonoïdes ont une action beaucoup plus puissante que les vitamines C ou E.

La présence de fluor dans le thé (environ de 30 à 500 mg/kg, selon la variété et la provenance), lui confère des propriétés particulières en prévention buccodentaire.

D’autant qu’il est le végétal le plus riche en fluor.

En effet, une petite tasse de thé contient déjà, au minimum, 0,3 mg de fluor.

La teneur en fluor des thés de deux vallées étant significativement différente (de 600 mg à 200 mg/kg), le nombre des sujets indemnes de caries dentaires (47,2 % versus 24,1 %) dans les deux populations d’enfants s’est trouvé directement corrélé à la teneur en fluor des thés produits et consommés sur place.

Cette importante étude épidémiologique demeure de référence.

En matière de coloration des dents par le thé, cela n’est pas contesté, mais toutes les personnes buvant du thé n’ont pas les dents colorées, même si elles en sont parfois grandes consommatrices.

Les différents types individuels de variations de pH salivaire (en liaison avec celles du débit et du pouvoir tampon), pourraient expliquer le fait que d’aucunes présentent des dents tachées par le thé (mais aussi le café, le tabac, la chlorhéxidine...) et d’autres pas, quelles que soient leur consommation et hygiène.

Hormis son aspect inesthétique, cette coloration ne présente pas d’inconvénient du point de vue buccodentaire et ne peut donc être opposée aux incontestables avantages du thé en matière de prévention.

Bien entendu les prescriptions de phytothérapie doivent être précises (doses, mode d’emploi) et obligent à la rédaction d’une ordonnance.

Les conseils d’utilisation de plantes (en matière de prévention et d’hygiène) ne nécessitent pas d’être mis par écrit.

Cependant, dans tous les cas, il est prudent de bien indiquer les modalités d’usage et contre-indications éventuelles en cas de prise concomitante de certains médicaments, ce qui sous-entend une connaissance éclairée en matière de phytothérapie, d’où une formation nécessaire.

Ceux qui désireraient en savoir plus sur d’autres plantes médicinales ayant des applications buccodentaires peuvent notamment consulter les articles publiés à ce propos dans la revue « Le Chirurgien- Dentiste de France », depuis 1998, dans la rubrique « Connaissances d’hier et d’aujourd’hui ».

Aromathérapie buccodentaire :

On le sait, les huiles essentielles possèdent de nombreuses propriétés : antibactériennes, antivirales, antalgiques, anti-inflammatoires, antioedémateuses, antispasmodiques, anxiolytiques, désinfectantes de l’air... .

Ces propriétés trouvent tout naturellement leurs applications au cabinet du praticien et en prescriptions.

Ci-après sont donnés quelques exemples d’utilisation quotidienne [signification des abréviations : Ess : essence ; HE : huile essentielle ; HV : huile végétale ; (z) : zeste ; CT : chémotype ; (éc.) : écorce ; qsp : quantité suffisante pour].

A - Action relaxante et déstressante :

On peut diffuser dans la salle d’attente le mélange suivant :

• Ess (z) Citrus aurantium ssp. bergamia (bergamote) : 5 ml (relaxante, sédative, hypnotique légère) ;

• HE Lavandula angustifolia (lavande vraie) : 3 ml (calmante, décontracturante) ;

• HE Litsea citrata (litsée citronnée) : 2 ml (calmante, sédative) ;

• HE Ocimum basilicum var bas (basilic exotique) : 2 ml (antispasmodique puissant).

B - Désinfection atmosphérique :

L’air du cabinet du praticien peut être assaini par ce mélange :

• Ess (z) Citrus limonum (citron) : 2 ml (antiinfectieuse) ;

• HE Eucalyptus radiata (eucalyptus radié) : 2 ml (antibactérienne, antivirale) ;

• HE Melaleuca alternifolia (tea tree ou arbre à thé) : 2 ml ( anti-infectieuse majeure) ;

• HE Pinus pinaster (pin maritime) : 4 ml (antiseptique).

C - Éruptions dentaires :

Appliquer sur la gencive ce mélange, avec un doigt, chez les nourrissons et enfants :

• HE Eugenia caryophyllus (clou de girofle) : 0,2 ml (antibactérienne, antivirale, antifongique) ;

• HE Lavandula latifolia (lavande aspic) : 0,5 ml (antalgique) ;

• HE Helichrysum italicum (immortelle) : 0,5 ml (antihématome) ;

• HV Hypericum perforatum (millepertuis) qsp : 30 ml (excipient).

D - Aphtes, lichen buccal :

Déposer ou appliquer localement, avec un doigt, quelques gouttes, 6 fois par jour, du mélange suivant :

• HE Ravensara aromatica (ravensare aromatique) : 5 ml (antivirale, anti-infectieuse) ;

• HE Melaleuca alternifolia (tea tree ou arbre à thé) : 5 ml (antibactérienne, antivirale) ;

• HE Lavandula angustifolia (lavande vraie) : 3 ml (antiseptique, cicatrisante, antalgique) ;

• HE Laurus nobilis (laurier noble) : 0,2 ml (bactéricide, fongicide, antalgique puissant) ;

• HE Commiphora molmol (myrrhe) : 2,8 ml (anti-infectieuse, anti-inflammatoire) ;

• HV Calophyllum inophyllum (calophylle inophylle) qsp : 30 ml (cicatrisante, antiinflammatoire).

E - Herpès :

Déposer sur les lésions, ou appliquer avec un doigt, toutes les 2 heures :

• HE Commiphora myrrha ou molmol (myrrhe) : 4 ml (antivirale, anti-infectieuse, anti-inflammatoire) ;

• HE Ravensara aromatica (ravensare aromatique) : 4 ml (antivirale, anti-infectieuse) ;

• HE Melaleuca alternifolia (tea tree ou arbre à thé) : 2 ml (antibactérienne, antivirale).

F - Névrites ou névralgies faciales :

Appliquer localement sur la zone sensible, 6 fois par jour, quelques gouttes de ce mélange :

• HE Laurus nobilis (laurier noble) : 0,5 ml (antalgique puissant, antispasmodique) ;

• HE Mentha piperita (menthe poivrée) : 0,5 ml (antalgique, anti-inflammatoire, anesthésiante) ;

• HE Tanacetum annuum (tanaisie annuelle) : 0,5 ml (anti-inflammatoire) ;

• HE Helichrysum italicum (immortelle) : 0,1 ml (antihématome, anti-inflammatoire).

G - Inflammations gingivales :

Faire un massage local, deux fois par jour, avec la composition suivante :

• HE Lavandula angustifolia (lavande vraie) : 0,5 ml (antiseptique, cicatrisante, antalgique) ;

• HE Eucalyptus citriodora (eucalyptus citronné) : 0,3 ml (anti-inflammatoire) ;

• HE Mentha piperita (menthe poivrée) : 0,1 ml (antalgique, anesthésiante, anti-inflammatoire) ;

• HE Helichrysum italicum (immortelle) : 0,1 ml (antihématome) ;

• HE Laurus nobilis (laurier noble) : 0,1 ml (bactéricide, fongicide, antalgique puissant) ;

• HV Hypericum perforatum (millepertuis) qsp : 10 ml (cicatrisante et régénératrice des tissus).

H - Parodontopathies :

Instiller dans les poches la préparation suivante, préalablement diluée à 3 % dans le mélange d’huiles végétales :

• HE Melaleuca alternifolia (tea tree ou arbre à thé) : 3 ml (antibactérienne, antivirale) ;

• HE Laurus nobilis (laurier noble) : 3 ml (bactéricide, fongicide, antalgique puissant) ;

• HE Commiphora myrrha ou molmol (myrrhe) : 2 ml (antivirale, anti-infectieuse, anti-inflammatoire) ;

• HE Helichrysum italicum (immortelle) : 1 ml (antihématome) ;

• HE Eugenia caryophyllus (clou de girofle) : 1 ml (antibactérienne, antivirale, antifongique) ;

• HV Calophyllum inophyllum (calophylle inophylle) : 20 ml (cicatrisante, anti-inflammatoire) ;

• HV Hypericum perforatum (millepertuis) : 80 ml (cicatrisante et régénératrice des tissus).

I - Infections buccodentaires :

Avaler une gélule 4 fois par jour entre les repas, pendant 5 à 7 jours :

• HE Origanum compactum (origan compact) : 50 mg (anti-infectieuse puissante à large spectre) ;

• HE Cinnamomum zeylanicum (écorce) (cannelle de Ceylan) : 25 mg (antibactérienne, antifongique très puissante) ;

• excipient qsp : 1 gélule n °30.

J - Anesthésie de contact :

Déposer, ou appliquer avec un doigt, 2 gouttes sur la zone à anesthésier, 10 minutes avant l’injection ou un autre acte douloureux :

• HE Mentha piperita (menthe poivrée) : 4 ml (anesthésiante, antalgique) ;

• HE Eugenia caryophyllus (clou de girofle) : 1 ml (antibactérienne, antivirale, antifongique).

K - Extraction, pose d’implant :

Prendre 2 jours avant l’intervention sur un petit morceau de sucre, ou très peu de miel, 3 gouttes 3 fois par jour de la composition suivante :

• HE Laurus nobilis (laurier noble) : 7,5 ml (bactéricide, fongicide, antalgique puissant) ;

• HE Melaleuca alternifolia (tea tree ou arbre à thé) : 7,5 ml (antibactérienne, antivirale) ;

• HE Thymus vulgaris CT thymol (thym CT thymol) : 4,5 ml (anti-infectieuse puissante) ;

• HE Eugenia caryophyllus (clou de girofle) : 4,5 ml (antibactérienne, antivirale, antifongique) ;

• HE Chamaemelum nobile (camomille romaine) : 3 ml (anti-inflammatoire, antispasmodique) ;

• HE Cinnamomum zeylanicum (écorce) (cannelle de Ceylan) : 1,5 ml (antibactérienne, antifongique très puissant) ;

• HE Pimpinella anisum (anis vert) : 1,5 ml (correcteur de goût).

Badigeonner autour des sites implantaires avec cette solution :

• HE Laurus nobilis (laurier noble) : 1 ml (bactéricide, fongicide, antalgique puissant) ;

• HE Lavandula angustifolia (lavande officinale) : 1 ml (antiseptique, cicatrisante, antalgique) ;

• HE Chamomilla reticuta (matricaire) : 1 ml (anti-inflammatoire, cicatrisante) ;

• HE Melaleuca alternifolia (tea tree ou arbre à thé) : 1 ml (antibactérienne, antivirale) ;

• HE Pimpinella anisum (anis vert) : 0,6 ml (agent de saveur) ;

• HE Helichrysum italicum (immortelle) : 0,3 ml (antihématome) ;

• HV Calophyllum inophyllum (calophylle inophylle) : 3 ml (cicatrisante, anti-inflammatoire) ;

• HV Rosa rubiginosa (rose musquée) qsp : 30 ml (cicatrisante, régénératrice).

L - Hémorragie :

Appliquer une compresse imbibée de quelques gouttes de ce mélange :

• HE Cistus ladaniferus CT pinène (ciste ladanifère) : 3 ml (antihémorragique puissante, antiinfectieuse) ;

• HE Pelargonium × Asperus c. u Egypte (géranium rosat) : 2 ml (antihémorragique) ;

• HE Myrte communis CT cinéole (myrte verte) : 1 ml (astringente, décongestionnante) ;

• HV Corylus avelana (noisette) qsp : 10 ml (excipient).

M - Régénération muqueuse après chirurgie :

Tamponner les gencives, après l’acte, avec cette solution :

• HE Eugenia caryophyllus (clou de girofle) : 10 ml (antibactérienne, antivirale, antifongique) ;

• HE Melaleuca alternifolia (tea tree ou arbre à thé) : 10 ml antibactérienne, antivirale) ;

• HE Laurus nobilis (laurier noble) : 10 ml bactéricide, fongicide, antalgique puissant) ;

• HE Lavandula angustifolia (lavande officinale) : 10 ml (antiseptique, cicatrisante, antalgique) ;

• HE Chamaemelum nobile (camomille romaine) : 10 ml (anti-inflammatoire, antispasmodique) ;

• HE Artemisia dracunculus (estragon) : 10 ml (antispasmodique neuromusculaire) ;

• HE Helichrysum italicum (immortelle) : 5 ml (antihématome) ;

• HV Calophyllum inophyllum (calophylle inophylle) : 10 ml (cicatrisante, anti-inflammatoire) ;

• HV Rosa rubiginosa (rose musquée) : 15 ml (cicatrisante, régénératrice).

N - Nausées, hypotension :

Dés apparition du symptôme, faire sucer un petit morceau de sucre imprégné de 3 gouttes de :

• HE Mentha piperita (menthe poivrée) : 4 ml (antivomitive, neurotonique, hypertensive).

Les compositions et mélanges ci-dessus ne comportent aucune contre-indication, sauf restriction d’emploi voulue par le prescripteur.

Très rarement, on peut observer une réaction d’intolérance chez certains sujets sensibles ; le praticien doit alors remplacer l’huile essentielle en cause (test cutané) par une autre de même intention.

Il faut absolument éviter tout contact d’huiles essentielles avec les yeux.

Si cela se produisait, rincer la cavité oculaire avec de l’huile végétale alimentaire.

Les préparations aromatiques regroupent plusieurs composants (parfois beaucoup), lesquels agissent en synergie (certains potentialisant d’autres) comme cela se trouve en phytothérapie dans les extraits de plantes, qui sont complexes naturellement en eux-mêmes (à noter que suite à des expérimentations, dans le souci identique d’une meilleure efficacité thérapeutique, la plupart des spécialités pharmaceutiques de synthèse sont, elles aussi, complexes).

Sur ordonnance, on peut se procurer les formules précédemment énumérées dans toutes les pharmacies, qu’elles soient composées directement sur place ou par l’intermédiaire d’une autre officine ou d’un laboratoire spécialisé.

Plantes médicinales et protéomique (de la tradition à la modernité) :

Le texte suivant, du professeur Pierre Requirand, propose une autre approche de l’utilisation de la phytothérapie, choisie à partir d’une symptomatologie biochimique.

La phytothérapie depuis longtemps et l’aromathérapie plus récemment proposent de nombreux remèdes à action locale dans le but de réduire l’inflammation et la douleur, d’éviter la surinfection des tissus nécrosés ou d’améliorer la cicatrisation.

On peut aussi utiliser les plantes médicinales par voie systémique au moyen des techniques bioinformatiques qui se développent depuis que l’on est dans la phase postgénomique.

A - Génome et protéome :

Le séquençage du génome humain est presque terminé.

La communauté scientifique s’accorde pour considérer que ces nouvelles connaissances doivent maintenant être valorisées par l’étude des protéines issues des gènes.

L’ensemble des protéines est appelé protéome depuis 1995.

La protéomique étudie la structure et la fonction du protéome ainsi que l’action des médicaments sur les protéines.

C’est dans le cadre de l’action des médicaments sur le protéome que la phytothérapie et l’aromathérapie trouvent leur place.

B - Protéome sérique reflet de la pathologie :

Jayle a été le premier à suggérer une corrélation métabolique entre ces constituants du tissu conjonctif et l’augmentation des glycoprotéines sériques telles que l’orosomucoïde et l’haptoglobine au cours de la réaction inflammatoire.

Puis, plus récemment, il a été constaté que : « Les modifications pathologiques à l’intérieur d’un organe peuvent avoir un reflet dans des modèles protéomiques sériques ».

Enfin, il a pu être avancé que : « La protéomique est la prochaine étape pour comprendre comment les gènes sont reliés aux fonctions biologiques et aux maladies ».

C - Thérapeutique et protéome :

« Il est valable de considérer la relation entre maladie et thérapeutique au niveau de l’expression protéique ».. « Les médicaments doivent être regroupés en fonction de leur action sur les protéines ».

La phytothérapie doit faire partie, au même titre que les produits de synthèse, des remèdes agissant sur le protéome. Une nouvelle discipline est proposée : la Bio-informatique du Médicament.

Dans la chimiothèque des substances pouvant agir sur le protéome, il est estimé qu’il faudrait tester, en plus des produits de synthèse, au moins 15 000 substances naturelles connues ou à découvrir et « ... explorer le potentiel des médecines traditionnelles parvenues jusqu’à nous ».

Pour l’instant, les cliniciens ne disposent que d’une méthode réunissant les deux aspects de la bio-informatique : celle du Centre européen d’informatique et d’automation.

Le protéome du patient est représenté sous la forme d’un profil protéique.

La phytothérapie et l’aromathérapie sont proposées à partir d’un programme informatique superposant le potentiel d’action sur les protéines d’environ 600 plantes et le protéome du patient.

D - Exemple d’application : le traitement des aphtoses

L’étiologie de cette pathologie reste encore du domaine des hypothèses, et on ne peut proposer un traitement spécifique pouvant s’adapter à tous les patients.

1- Données de l’histologie :

Au stade de l’ulcération, l’infiltrat inflammatoire est surtout constitué de polynucléaires neutrophiles.

Les artérioles et les veinules sont obstruées et envahies par des microthrombi fibrineux.

Mais on fait aussi l’hypothèse qu’il y aurait production d’immunoglobulines jouant un rôle dans la vascularite.

2- Données du protéome :

Les modifications du protéome sérique sont en accord avec ces deux aspects de l’histologie, et confirment que l’ulcération de l’aphte peut être considérée comme une microthrombose.

Mais les protéines impliquées dans la microthrombose sont différentes d’un patient à l’autre et appellent une phytothérapie et une aromathérapie adaptées à chaque cas.

La thrombose peut se traduire dans le sérum par une augmentation des protéines de la phase aiguë de l’inflammation (orosomucoïde, haptoglobine, céruléoplasmine...).

L’aphtose est dans un contexte de microangiopathie.

Quelques plantes agissent sur ces protéines :

• la ballote fétide appelée aussi marrube noir (Ballota nigra, Labiées) :

• la bourse à Pasteur (Capsella bursa pastoris, Crucifères) :

• la menthe sylvestre (Mentha sylvestris, Labiées) :

• la menthe à feuilles rondes (Mentha rotundifolia, Labiées).

La thrombose peut se traduire dans le sérum par une association de ces protéines de l’inflammation et des lipoprotéines, du cholestérol et/ou des triglycérides.

On est alors dans les conditions d’une aphtose dans un contexte d’athérothrombose.

La phytothérapie a beaucoup de possibilités en ce domaine.

Quelques plantes agissent sur le complexe inflammatoire lipidique :

• l’artichaut (Cynara scolymus, Composées) :

• le genêt d’Espagne (Spartium junceum, Papilionacées) :

• l’arbre de Judée (Cercis siliquastrum, Papilionacées) :

• le damiana (Turnera aphrodisiaca, Turneracées), bien connu des phytothérapeutes sexologues qui l’utilise pour son action vasodilatatrice :

• la myrrhe (Commiphora myrrha, Burseracées). Cette famille agit sur le métabolisme des lipides ; contrairement aux statines et aux fibrates, la myrrhe agit au niveau de l’élimination du cholestérol par les acides biliaires.

La thrombose peut aussi se faire dans un contexte de vascularite par complexes immuns.

La production d’anticorps peut se voir dans des imprégnations hormonales ou à partir de production d’autoantigènes.

Quelques plantes modèrent l’activité anticorps :

• la menthe des champs (Mentha arvensis, Labiées) ; on remarquera que toutes les menthes n’ont pas le même potentiel ;

• le cerisier (Cerasus vulgaris, Rosacées) ;

• l’orme (Ulmus campestris, Ulmacées) ;

• le lierre terrestre (Glechoma hederacea, Labiées) ;

• la réglisse (Glycyrrhyza glabra, Papilionacées) ;

• l’essence de verveine (Verbena, Verbénacées).

Conclusion :

Les méthodes bio-informatiques pour le choix d’une phytothérapie systémique sont bien adaptées à la pathologie buccodentaire.

Les patients jeunes atteints de maladie parodontale et ceux atteints d’aphtose, d’herpès ou de divers lichens sont le plus souvent asymptomatiques sur le plan général.

La bio-informatique remplace alors l’absence de signes cliniques généraux par la recherche d’une sémiologie protéique.

C’est la sémiologie protéique qui appelle une phytothérapie adaptée à chaque patient.

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