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Santé Publique
Mesure de l’état de santé de la population
Cours de santé publique
 


 

L’épidémiologie est définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « l’étude de la distribution des maladies dans les populations humaines, ainsi que des influences qui déterminent cette distribution ».

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Les différents phénomènes de santé observés : décès, maladie, facteurs de risque… sont mesurés par des variables dont l’étude statistique, sous forme de taux, rapports, fréquences ou moyennes, définissent des indicateurs de santé.

Un grand nombre d’entre eux fait l’objet d’une définition standardisée concernant leur mode de calcul et leur protocole de recueil, permettant ainsi une plus grande rigueur dans l’analyse et les comparaisons entre pays, régions et périodes.

Sources de données :

A - Description des différentes sources :

1- Statistiques de mortalité :

En France, l’enregistrement des décès s’effectue dans le cadre de l’état civil, qui assure également d’autres enregistrements systématiques : naissances, mariages…

La déclaration de décès est obligatoire.

À l’échelon local, l’enregistrement des décès est placé sous la responsabilité des mairies.

La constatation du décès doit être effectuée par un médecin qui remplit un certificat de décès nominatif en indiquant la ou les causes de décès, ainsi que les renseignements complémentaires sur l’état morbide ayant contribué au décès.

La partie mentionnant la cause du décès est confidentielle, elle est cachetée par le médecin.

Le service de l’état civil sépare le certificat médical mentionnant la cause du décès de la partie nominative.

À l’aide de cette dernière, l’officier de l’état civil établit un bulletin de décès, qui comporte des renseignements d’ordre démographique, à l’exception du nom.

Le certificat médical de cause de décès et le bulletin de décès sont adressés au médecin inspecteur de santé publique de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS).

Ces dispositions s’appliquent à toutes les personnes présentes sur le territoire national.

Pour les enfants mort-nés, il existe un bulletin d’enfant déclaré sans vie qui ne comporte pas de mention de la cause.

En France, l’exploitation des données de mortalité est assurée conjointement par l’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) et par l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), ce dernier étant spécifiquement chargé du codage médical et de l’analyse épidémiologique des causes de décès.

2- Statistiques de morbidité :

• Registres de morbidité : ils réalisent un enregistrement continu et exhaustif des informations provenant de plusieurs sources concernant une pathologie donnée (cancers, malformations…), affectant les habitants d’une zone géographique définie.

Le recueil des cas se fait par une recherche active auprès des services ou laboratoires prenant en charge ces pathologies, ce qui réduit les sous-déclarations.

Si ce recueil ne se fait pas toujours de manière nominative, il évite la sur-déclaration (doublons) par divers recoupements.

En France, les registres sont le plus souvent organisés sur une base départementale.

Ces données permettent de faire des calculs de taux ainsi que des enquêtes épidémiologiques complémentaires (cas-témoins ou cohorte).

Registres des cancers : ils sont soit généraux (tous les cas de cancers), soit spécialisés (cancers ORL, cancers de l’enfant…).

On en dénombre 22 en France. Les sources d’informations sont multiples : hôpitaux, laboratoires d’anatomopathologie, médecins spécialistes…

On peut utiliser ces registres en épidémiologie pour analyser l’évolution chronologique des cancers ou faire des comparaisons géographiques.

Registres des malformations congénitales : il existe 4 registres départementaux en France qui permettent le calcul de la prévalence des malformations en fonction du nombre de naissances dans le département.

Les sources d’informations sont multiples : maternités, laboratoires de cytogénétique, services de pédiatrie… Registres des cardiopathies ischémiques : il y en a 3 en France.

Ils étudient l’évolution de la fréquence des infarctus du myocarde récents et l’évolution de la mortalité.

Il existe 6 autres registres qui sont spécialisés dans le suivi de certaines maladies : accidents vasculaires cérébraux, diabète insulinodépendant de l’enfant, grossesse extra-utérine, handicap, maladies inflammatoires du tube digestif.

• Autres statistiques sanitaires

Les déclarations obligatoires concernent les déclarations des maladies transmissibles : en France, le code de la santé fait obligation au médecin de déclarer les maladies figurant sur une liste précisée par décret.

Sur la liste actuellement en vigueur, une seule des maladies n’est pas une maladie transmissible : le saturnisme de l’enfant.

Les déclarations des maladies transmissibles sont adressées au médecin inspecteur de santé publique de la DDASS qui les adresse à l’Institut de veille sanitaire.

À l’échelon international, la plupart des pays membres de l’OMS ont adhéré à une convention par laquelle ils se sont engagés à signaler à l’OMS les maladies soumises à règlement (peste, choléra, fièvre jaune…), ainsi que d’autres maladies infectieuses.

Ces déclarations concernent aussi les certificats de santé des enfants : ils ont été mis au point dans le cadre de programmes destinés à améliorer les conditions sanitaires périnatales.

Leur objectif est de permettre le dépistage et la surveillance d’un certain nombre de maladies et infirmités. Trois certificats sont obligatoires : au cours de la 1re semaine de vie, du 9e et du 24e mois.

Ces certificats doivent être remplis par le médecin qui a procédé à l’examen, ils sont nominatifs et transmis au centre de protection maternelle et infantile (PMI) du département qui procède à leur analyse.

La qualité de l’enregistrement est variable, les pathologies de grossesse ainsi que les anomalies néonatales sont souvent sous-estimées.

En revanche l’exhaustivité est bonne du fait de l’incitation financière, le versement des allocations familiales étant subordonné à l’envoi de ces certificats.

Systèmes sentinelles : ils suivent certaines maladies transmissibles et permettent en particulier de repérer le début d’une épidémie et son développement (par exemple réseau GROG [Groupe régional d’observation de la grippe]).

Ces systèmes reposent sur des volontaires (médecins, laboratoires).

L’exhaustivité n’est pas recherchée, mais on s’efforce dans une zone donnée d’arriver à un certain degré de représentativité.

Autres sources : ce sont les statistiques des organismes de soins et des organes médico-administratifs.

Au sein des établissements de soins publics et privés, il existe un système de recueil des diagnostics et des actes réalisés chez chaque patient hospitalisé (PMSI, Programme de médicalisation du système d’information).

Ce recueil informatisé au sein des Départements d’information médicale (DIM) des établissements est principalement à visée économique.

Compte tenu des biais d’échantillonnage dus au recrutement de clientèle des hôpitaux, il peut difficilement servir de base épidémiologique à l’échelle des populations desservies.

La Sécurité sociale ne recueille pas pour l’instant de données d’information sur les maladies individuelles, seul le dossier des maladies de longue durée est individuel.

B - Problème de l’utilisation et de la fiabilité des données :

L’utilisation des données provenant de ces sources doit être prudente.

1- Qualité des sources et des mesures :

La qualité des données est liée à la méthodologie du recueil : il faut s’assurer de recenser l’ensemble des cas dans une population bien définie.

Trois types de problèmes peuvent se poser :

– les erreurs de diagnostic : le malade n’est pas reconnu comme tel;

– la non-exhaustivité : le malade est connu mais non enregistré ;

– les doublons : le même malade peut être enregistré plusieurs fois.

2- Lecture des indicateurs :

La comparaison dans le temps et dans l’espace doit être effectuée et interprétée avec prudence.

Par exemple une augmentation importante du nombre de cas d’une pathologie au cours du temps peut s’expliquer :

– par une amélioration des techniques diagnostiques de cette pathologie ;

– par un recours facilité aux soins ;

– par l’évolution socioculturelle des patients.

Dans le cas d’une comparaison entre des pays, il faut faire attention à la définition des cas.

Par exemple les morts foetales peuvent être définies différemment d’un pays à l’autre (la limite entre produit d’avortement et mort-né s’étend de 3 à 6 mois suivant les pays).

3- Interprétation des indicateurs :

Attention à l’interprétation des données brutes : par exemple un taux de mortalité brut identique entre 2 départements ne signifie pas forcément que la mortalité est équivalente entre ces 2 départements.

Par ailleurs, il faut faire attention aux données isolées de leur contexte (un chiffre ne peut se comprendre que s’il est replacé dans son contexte.)

Indicateurs de santé :

Les indicateurs de santé sont des variables statistiques mesurables qui décrivent de manière synthétique l’état de santé des individus d’une communauté.

A - Mortalité :

En France, chaque décès donne lieu à l’établissement d’un certificat rempli par un médecin comportant les causes médicales de la mort : cause principale, cause immédiate et états morbides, qui sont ensuite codés au moyen de la Classification internationale des maladies (CIM).

À partir de ces données, on peut calculer un grand nombre d’indicateurs.

1- Espérance de vie :

• L’espérance de vie à la naissance ou durée moyenne de vie est la moyenne des âges au décès d’une génération (ensemble des personnes nées la même année) ou encore, c’est le nombre moyen d’années qu’un nouveau-né de cette génération a vécu.

C’est un indice synthétique qui est calculé à partir des tables de mortalité.

En théorie, elle ne peut être calculée que lorsque tous les membres d’une même génération sont décédés. Pour remédier à ce problème, on peut calculer tous les ans.

• L’espérance de vie de l’année à partir des données de mortalité par âge, représente le nombre moyen d’années que des nouveau-nés pourraient espérer vivre s’ils étaient soumis toute leur vie aux conditions de mortalité pour chaque âge de l’année X.

Si les progrès de la médecine et des conditions de vie permettent d’améliorer la mortalité, ladite génération de nouveau-nés vivra en moyenne plus longtemps que l’espérance de vie calculée le jour de sa naissance.

En France en 1996, l’espérance de vie à la naissance des hommes était de 74 ans, celle des femmes de 81,9 ans.

L’espérance de vie à un âge donné pour l’année X est le nombre moyen d’années supplémentaires que les individus pourraient vivre s’ils étaient soumis tout le restant de leur vie aux conditions de mortalité par âge de l’année X.

En France en 1996, l’espérance de vie à 60 ans était de 19,7 ans pour les hommes et 25 ans pour les femmes.

2- Années potentielles de vie perdues (de 1 à 64 ans) :

C’est une estimation du nombre d’années qu’un sujet n’a pas vécues.

Cette estimation peut être réalisée à partir de l’espérance de vie à l’âge du décès (calculée pour l’année du décès), ou bien plus communément par différence entre l’âge du décès et un âge de référence fixe.

Ainsi, une étude statistique des années potentielles de vie perdues pour les personnes décédées avant 65 ans pourra retenir pour chaque individu la différence entre l’âge du décès et la valeur repère de 65 ans.

Un tel indicateur traduit l’importance des décès prématurés.

Certaines causes de décès font perdre plus d’années de vie potentielles : accidents, suicides, tumeurs.

3- Taux brut de mortalité :

Nombre de décès dans la population pendant la période t

-------------------------------------------------------

Effectif moyen de la population pendant la période t

L’effectif moyen peut être estimé par l’effectif au milieu de la période d’étude ou en additionnant l’effectif en début et en fin de période et en divisant par 2.

Le taux brut de mortalité en France en 1996 était de 9,1 pour 1 000 habitants.

4- Taux de mortalité standardisé suivant l’âge et (ou) le sexe :

Quand on compare la mortalité entre 2 populations, les différences observées peuvent être dues à des facteurs de confusion tels que l’âge ou le sexe.

La standardisation des taux est un moyen de réduire les effets de ces facteurs.

• Standardisation directe : cette méthode consiste à calculer un taux de mortalité pour chaque population comparée, par rapport à une structure d’âge de référence.

Cette structure peut être soit celle d’une population standard (ex. : population européenne, population française…), soit celle d’une des 2 populations comparées, ou encore la somme de ces 2 populations.

• Standardisation indirecte : cette méthode permet de résoudre les cas insolubles par la méthode directe. Pour cette méthode de standardisation, on utilise les taux spécifiques par tranche d’âge d’une population de référence et on les applique aux effectifs des tranches d’âge de la population étudiée.

On obtient alors un nombre attendu de décès pour chacune des tranches d’âge de la population étudiée.

Cette méthode nécessite moins d’information sur la ou les populations étudiées, puisque seule la distribution des âges et l’effectif global doivent être connus.

On calcule ensuite le quotient de mortalité standardisé (QMS) correspondant au standardised mortality ratio (SMR) des Anglo-Saxons.

            mortalité observée x 100

QMS =   -------------------------- 

             mortalité attendue

5- Taux de mortalité spécifique pour un sous-groupe particulier (sexe, âge…) :

Nombre de décès dans le sous-groupe pendant la période t

-----------------------------------------------------------------

Effectif moyen du sous-groupe pendant la période t

Ex. : le taux de mortalité spécifique (standardisé par âge) pour les femmes en France en 1996 est de 6,55 pour 1 000.

Les taux de mortalité infantile sont décrits dans la question 264.

6- Taux de mortalité pour une cause donnée :

Décès dus à la cause C dans la population pendant la période t

--------------------------------------------------------------

Effectif moyen de la population pendant la période t

Ex. : le taux de mortalité par tumeurs en France en 1996 est de 2,53 pour 1 000 habitants.

7- Taux proportionnel de mortalité :

C’est la proportion d’une cause de décès dans la mortalité générale :

décès dus à la cause C dans la population pendant la période t

---------------------------------------------------------------

effectif total des décès dans la population pendant la période t

8- Létalité :

nombre de décès dus à la pathologie P pendant la période t

----------------------------------------------------------

nombre de nouvelles personnes atteintes de la pathologie P pendant la période t

Morbidité :

1- Définition :

La morbidité nous renseigne sur des maladies qui ne se terminent pas par un décès.

Il existe plusieurs types de morbidité.

• La morbidité ressentie est l’ensemble des affections ou troubles ressentis par les individus.

• La morbidité diagnostiquée est l’ensemble des affections diagnostiquées par les médecins.

Elle n’est pas strictement superposable à la morbidité ressentie.

• La morbidité réelle ou objective regroupe la morbidité diagnostiquée et la morbidité diagnostiquable avec les meilleurs moyens diagnostiques du moment et selon l’état de la science.

2- Indicateurs :

• Taux d’incidence cumulée

nombre de nouveaux cas d’une maladie donnée dans la population pendant la période t

-----------------------------------------------------------------

effectif des personnes non malades au début de la période t

Par défaut, quand on parle d’incidence, on parle de l’incidence cumulée. Elle représente la probabilité pour des personnes non malades de développer une maladie donnée pendant la période donnée.

Il faut que les personnes soient suivies pendant toute la période de temps et qu’elles ne soient pas décédées d’une autre cause. L’incidence cumulée est en général utilisée dans les maladies aiguës.

• Taux d’incidence instantanée (densité d’incidence)

nombre de nouveaux cas d’une maladie donnée dans la population pendant la période t

------------------------------------------------------------------------

effectif des personnes-temps non malades pendant la période t

C’est le rapport du nombre de nouveaux cas apparus dans la population pendant la période donnée sur le nombre de personnes-temps (PT) à risque dans la population pendant la même période.

L’incidence instantanée est utilisée plutôt pour les maladies chroniques.

Si une action de prévention primaire (qui a pour objet d’empêcher l’apparition d’une maladie) est efficace, l’incidence de cette maladie doit diminuer.

Calcul par la méthode approchée : on peut approcher l’effectif des personnes-temps par :

                                                              Po + Pt

Effectif moyen des personnes non malades =  --------

                                                                  2

où Po est l’effectif des personnes non malades au début de la période, et Pt celui des personnes non malades à la fin de la période (temps t).

Calcul par la méthode des personnes-temps

On tient compte non seulement du nombre de personnes exposées au risque de maladie mais aussi de la durée pendant laquelle elles sont présentes et exposées à ce risque. Le temps peut s’exprimer en mois, années…

• Taux d’attaque : c’est une incidence cumulée appliquée lorsque la population n’est exposée que pendant un temps limité (épidémie courte, toxi-infection alimentaire…).

• Prévalence instantanée : elle se rapporte à tous les cas d’une pathologie P dans une population.

Par défaut, quand on parle de prévalence, on sous-entend prévalence instantanée :

               nombre de malades présents dans la population à un instant t

           -----------------------------------------------------------------

                               effectif de la population à un instant t

La prévalence dépend donc du nombre de nouveaux cas dans la population (incidence instantanée) et de la durée moyenne de la maladie.

Une prévalence élevée peut être due à une forte incidence ou à une durée de maladie longue (ou les 2 facteurs).

Il est à noter qu’une amélioration de la prise en charge d’une maladie peut, selon la maladie, se traduire par une diminution de la prévalence si les patients guérissent plus vite ou par une augmentation en cas de maladie mortelle avec une survie prolongée (ex : sida).

Prévalence = incidence instantanée x durée moyenne de la maladie

Cette formule est valable si la prévalence est faible (< 10 %).

La prévalence est plutôt utilisée pour les maladies chroniques.

• Prévalence au cours d’une période de temps (prévalence de période) : sur une période d’observation longue (comme une année par exemple), on peut calculer la prévalence au cours d’une période de temps.

Exemple : prévalence en France en 1999 du cancer pulmonaire

              nombre de cas de cancers pulmonaires en France en 1999

         --------------------------------------------------------------

                    effectif moyen de la population française en 1999

Les cas de cancers retenus peuvent être présents au début de l’année, apparaître au cours de l’année, guérir ou décéder en cours d’année.

Autres indicateurs :

En dehors des indicateurs de mortalité et de morbidité, un certain nombre d’autres indicateurs peuvent être utilisés pour décrire l’état de santé d’une population ou d’une partie de celle-ci.

1- Absentéisme :

Le taux d’absentéisme dans une population définie (entreprise, enfants dans les écoles…) constitue un indicateur indirect de l’état de santé.

2- Incapacité et dépendance :

On peut évaluer les incapacités fonctionnelles et les handicaps au moyen de l’espérance de vie sans incapacité (on prend en compte simultanément l’espérance de vie et la prévalence des incapacités au sein d’une population).

On peut aussi utiliser des échelles de santé (questionnaires) avec lesquelles on évalue la santé à partir des dysfonctionnements physiques.

Elles évaluent le préjudice dû aux déficiences et incapacités au moyen de questionnaires portant sur les activités élémentaires : toilette, repas, déplacements, continence…

3- Indicateurs composés du bien-être physique, mental ou social : santé perçue par les individus :

Grâce à ces types d’échelles, on peut mesurer la santé perçue par les individus.

On évalue leur bien-être en essayant de cerner les différentes dimensions de la santé : dimension physique, émotionnelle, sociale…

Il existe de nombreuses échelles de santé perçue (ou qualité de vie liée à la santé) qui sont soit générales soit spécifiques d’une pathologie (asthme, diabète…).

4- Indicateurs relevant de spécialités médicales :

Un certain nombre de spécialités médicales ont développé des indicateurs spécifiques :

• Psychiatrie : le degré de gravité des pathologies psychiatriques étant difficilement quantifiable, des échelles de mesure de leur gravité ont été mises au point ces dernières années : échelles de dépression, d’anxiété…

• Santé dentaire : les échelles les plus courantes de l’évaluation de la santé dentaire utilisent les diverses combinaisons de 3 phénomènes qui sont : la carie, la perte de la dent, l’obturation.

• Douleur : ces échelles sont utilisées pour quantifier la douleur, mais aussi pour évaluer l’efficacité d’une thérapeutique sur la douleur.

On utilise souvent une échelle analogique graduée de 1 à 10 sur laquelle le patient positionne un curseur en fonction de l’intensité de la douleur ressentie.

Déterminants de l’état de santé :

L’épidémiologie descriptive a évolué de la simple description des phénomènes de santé vers la recherche étiologique et évaluative, c’est-à-dire vers l’étude de l’association entre l’état de santé et ses déterminants possibles.

Ces déterminants qui modifient l’état de santé d’une population peuvent se mesurer grâce à des indicateurs. Nous présentons les domaines les plus classiques :

• caractéristiques de la population : les caractéristiques démographiques et leur évolution sont des phénomènes qui conditionnent directement ou indirectement l’état de santé d’une population (ex. : répartition par âge et par sexe, taux de natalité, densité du peuplement…) ;

• environnement : environnement physique (température, polluants de l’eau ou de l’air, agents biologiques...), environnement économique et social (ex. : nombre de personnes par logement, taux de chômage…) ;

• habitudes de vie : vie professionnelle, alimentation, usage du tabac ou de l’alcool (ex. : nombre de litres d’alcool pur consommé en moyenne par chaque Français)…

• services de santé : ils interviennent comme moyens de prévention et de soins (ex. : le nombre de médecins pour 1 000 habitants est un indicateur de moyen, le nombre de journées d’hospitalisation est un indicateur de production).

Risque :

A - Risque de maladie :

Le risque représente la probabilité de survenue de la maladie au sein d’une population, au cours d’un intervalle de temps donné.

Cet indicateur ne s’applique qu’au niveau d’une population ou d’un groupe.

B - Facteur de risque :

C’est une caractéristique intrinsèque (le sexe par exemple) ou extrinsèque (pollution atmosphérique) qui, lorsqu’elle est présente, s’accompagne d’une augmentation statistiquement significative du risque de maladie.

Le facteur de risque peut correspondre à une variable qualitative (groupe HLA pour human leucocyte antigen) ou quantitative (quantité de tabac consommée).

Un facteur de risque qui diminue le risque de maladie de manière significative est appelé un facteur protecteur.

Un facteur de risque n’est pas présent chez tous les malades, de même qu’il n’est pas toujours associé à la maladie.

Le risque est une notion statistique qui n’a de sens qu’au niveau collectif.

Un facteur de risque même s’il est lié statistiquement à la maladie n’a pas forcément de relation causale avec celle-ci.

C - Groupes à risque :

Souvent, le risque de maladie n’est pas le même chez tous les individus composant une population, et cela du fait des différences d’âge, de sexe, de catégories socioprofessionnelles, d’usage du tabac…

On parle dans certains cas de groupe à risque pour désigner un groupe dont les individus présentent statistiquement plus de facteurs de risque pour une maladie.

Les notions de facteur de risque et de groupe à risque sont utiles pour organiser des actions de prévention plus efficace en les ciblant sur les populations qui présentent un risque de maladie plus élevé que la moyenne.

Agir sur l’exposition aux facteurs de risque n’a en revanche d’intérêt que si leur rôle causal pour une maladie est démontré.

D - Calcul du risque :

Le risque, qui correspond à une probabilité de survenue de la maladie au sein d’une population, au cours d’un intervalle de temps donné, est difficilement mesurable dans la population entière, donc en pratique il est estimé à partir d’un échantillon de cette population.

1. Risque relatif :

Dans le cadre des enquêtes exposés-non exposés (cohorte), on estime le risque d’une maladie en fonction de l’exposition au moyen du risque relatif (RR).

Cet indicateur est le rapport de l’incidence dans le groupe exposé sur l’incidence dans le groupe non exposé (on peut utiliser l’incidence cumulée ou l’incidence instantanée).

Il mesure l’augmentation du risque de maladie chez les sujets exposés par rapport aux non exposés.

                         incidence chez les exposés

Risque relatif =  -------------------------------

                       incidence chez les non exposés

En fonction de la valeur du risque relatif on a :

– RR < 1 : facteur protecteur ; une personne exposée à ce facteur aura une probabilité plus faible de développer la maladie ;

– RR = 1 : il n’y a pas de relation entre le facteur d’exposition et la maladie ;

– RR > 1 : facteur de risque.

Le facteur d’exposition entraîne une augmentation du risque de développer la maladie.

Par exemple

RR = 4 signifie qu’un sujet exposé a un risque 4 fois plus élevé d’être malade qu’un sujet non exposé.

2- Odds ratio ou rapport de cote :

On utilise dans le cadre des enquêtes cas-témoins une estimation du risque relatif, car ce type d’enquête ne permet pas le calcul des incidences.

Cette estimation est appelée odds ratio (OR) ou encore rapport de cote.

L’interprétation de l’odds ratio se fait de la même manière que celle du risque relatif.

 

Cas

Témoins

Exposés

a

b

Non exposés

c

d

L’odds ratio se calcule par la formule :

         a x d

OR = --------

         c x b

L’odds ratio est une bonne estimation du risque relatif lorsque la maladie est rare (prévalence faible).

3- Risque attribuable :

Le risque attribuable (RA) est la proportion de cas de maladie dans la population attribuable au facteur d’exposition, c’est donc la proportion de cas qui seraient évités si l’exposition au facteur était supprimée.

Il n’a de signification que si le facteur est un agent causal de la maladie.

On peut calculer le risque attribuable dans les enquêtes exposés-non exposés et dans les enquêtes cas-témoins.

            p x (RR - 1)

RA = -----------------

         p x (RR - 1) + 1

Où RR est le risque relatif, p est la fréquence de l’exposition dans la population.

Un risque relatif peu élevé avec une fréquence d’exposition importante pourra donner un risque attribuable non négligeable.

Principales caractéristiques de la mortalité et de la morbidité en France :

A - Mortalité :

On dénombre en 1996, en France métropolitaine, 535 506 décès.

Le taux brut de mortalité en 1996 s’élève à 9,2 décès pour 1 000 habitants. Entre 1991 et 1996 ce taux a baissé de 6 %.

1- Espérance de vie :

L’espérance de vie en 1996, en France, était de 74 ans pour les hommes et 81,9 pour les femmes.

Elle est en augmentation constante depuis plusieurs décennies ; ainsi, en 1935, elle était de 55 ans pour les hommes et 61 ans pour les femmes.

On note que l’écart de durée de vie entre hommes et femmes (7,9 ans) est plus important en France que dans beaucoup d’autres pays, mais qu’il est en diminution ces dernières années.

Concernant les années potentielles de vie perdues, les premières causes sont les accidents, suicides et homicides, les tumeurs et les maladies cardiovasculaires.

2- Taux de mortalité spécifique :

• Taux de mortalité par âge : les taux de mortalité dépendent de l’âge. Chez les personnes de moins de 25 ans, le taux de mortalité est de 0,55 décès pour 1 000, il est de 1,49 pour les 25-44 ans, 6,38 pour les 45-64 ans, 18,3 pour les 65-74 ans, 76,17 pour les 75 ans et plus.

Il y a une surmortalité infantile entre 0 et 1 an, avec un taux de 4,9 décès pour 1 000 naissances vivantes.

• Taux de mortalité par sexe : la surmortalité masculine est importante et explique les différences d’espérance de vie entre hommes et femmes.

Cette surmortalité concerne la plupart des causes de décès mais elle est maximale pour les cancers des voies aérodigestives supérieures et pour les cancers du poumon.

Elle est aussi maximale entre 25 et 74 ans.

On assiste à une progression, chez les femmes, des cancers des voies aérodigestives supérieures du fait d’une augmentation de la consommation alcoolo-tabagique, alors qu’ils diminuent chez les hommes.

La mortalité par sida augmente chez la femme et diminue chez l’homme.

• Taux de mortalité par catégorie socioprofessionnelle : il existe en France des écarts importants de mortalité entre les catégories socioprofessionnelles.

Les catégories les plus favorisées sont les enseignants, les ingénieurs, les cadres supérieurs et les instituteurs.

Les plus défavorisées sont les salariés agricoles, les ouvriers et le personnel de service.

Ces disparités concernent les 2 sexes mais avec une ampleur moins marquée pour les femmes.

Ces écarts de mortalité ont tendance à se réduire avec l’âge. Les inégalités les plus importantes s’observent pour les pathologies liées à l’alcoolisme et les comportements à risque (cancers du poumon, accidents…).

• Taux de mortalité par région : le taux général de mortalité a diminué dans la plupart des régions françaises, les seules exceptions concernent pour les 2 sexes les pays de la Loire (pour les tumeurs et les morts violentes), et pour les hommes la Haute-Normandie.

La mortalité est la plus importante en France dans le Nord-Pas-de- Calais, viennent ensuite la Bretagne et l’Alsace pour les hommes, et l’Alsace et la Picardie pour les femmes.

3- Causes de décès :

• Causes générales : les 3 premières causes représentent 69 % des décès en 1996.

Les principales causes sont : maladies cardiovasculaires (32%), tumeurs (28 %), morts violentes (9 %), maladies de l’appareil respiratoire (8 %)…

Depuis une dizaine d’années, la mortalité par maladies cardiovasculaires baisse.

La France, parmi les pays développés, possède un taux de mortalité par maladie cardiovasculaire parmi les plus faibles.

• Causes suivant le sexe : en France, en 1996, pour les hommes, les principales causes de décès sont : tumeurs (32 %), maladies de l’appareil circulatoire (26 %), accidents, suicides et homicides (10 %), maladies respiratoires (8 %).

Pour les femmes : maladies de l’appareil circulatoire (36 %), tumeurs (23 %), maladies respiratoires (8 %), accidents, suicides et homicides (7 %).

• Causes de décès prématurés (< 65 ans) : tumeurs (37 %), morts violentes (19 %), maladies cardiovasculaires (15 %), maladies digestives (7 %), maladies respiratoires (3 %), autres (19 %).

La France est un des pays d’Europe se caractérisant par une mortalité prématurée très forte.

B - Morbidité :

Pour la période 1992-1995, les troubles les plus fréquemment déclarés sont les affections dentaires et ophtalmiques.

Viennent ensuite les maladies cardiovasculaires, les pathologies respiratoires, ostéo-articulaires et de l’appareil digestif.

Les maladies sont différentes selon le sexe et l’âge.

Chez les moins de 15 ans, il existe une prédominance des troubles dentaires, ophtalmiques et des affections respiratoires.

Entre 16 et 64 ans, mis à part les troubles dentaires et ophtalmiques, les affections les plus fréquentes sont celles de l’appareil circulatoire, respiratoire et digestif.

Après 65 ans, les pathologies sont marquées par la prédominance des affections cardiovasculaires et ostéo-articulaires.

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