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Pneumologie
Symptomatologie et sémiologie des maladies respiratoires (Suite)
Cours de pneumologie
 

 

Sémiologie :

L’examen physique complet demande au praticien de mettre en éveil tous ses sens.

En effet, seul le sens du goût n’a pratiquement aucun rôle ; tout au plus la mère d’un enfant atteint de mucoviscidose signale-t-elle occasionnellement que sa peau (sa sueur) est salée !

A - ODORAT :

Sentir l’odeur de tabac de l’haleine et des vêtements d’un fumeur permet un diagnostic aisé de tabagisme actif (ou parfois passif), alors que parfois le malade est sensé avoir mis fin à sa tabacomanie, voire même l’affirme.

Il en va de même pour une haleine avinée et pour les diverses causes d’halitose.

L’odeur putride qui peut se dégager d’un abcès à germes anaérobies permet de même un diagnostic étiologique sans approcher le malade et sans examen complémentaire !

B - VUE. INSPECTION :

L’inspection constitue une étape majeure du diagnostic pneumologique, envisageant successivement l’aspect général du malade, la tête, le cou, le thorax, l’abdomen, les extrémités, sans oublier la peau et les muqueuses.

1- Aspect général :

Le premier coup d’oeil permet de reconnaître le sexe, le morphotype, l’âge probable, la race, la stature (obèse ou maigre), voire le type d’occupation (« col bleu » ou « col blanc »), toutes situations augmentant ou réduisant la probabilité a priori d’un certain nombre de maladies.

Il en est de même pour le comportement (sujet agressif, sujet coopératif) et pour le niveau de conscience et de compréhension, dont dépendront la collaboration et le degré d’adhésion aux recommandations.

Quelques exemples permettent d’illustrer l’importance à accorder à ce « coup d’oeil » rapide :

– la lymphangioléiomyomatose n’existe que chez la femme en période de vie génitale active ;

– c’est chez les grands minces que se voient le pneumothorax spontané idiopathique, le syndrome de Marfan ;

– le fumeur invétéré apparaît comme plus vieux que son âge réel ;

– la tuberculose est actuellement plus fréquente chez l’Africain noir que chez l’Européen de l’ouest ;

– un obèse a davantage de risques d’être ronfleur et de développer un SAOS ;

– les pneumoconioses n’existent pas chez les « cols blancs ».

2- Position :

– L’orthopnée : elle provoque la position assise d’un malade (souvent jambes pendantes hors du lit) qui ne supporte pas le décubitus dorsal, soit suite à une décompensation cardiaque gauche, soit au cours d’exacerbations d’asthme ou de BPCO.

Les malades présentant une BPCO peuvent même préférer être penchés vers l’avant, coudes appuyés sur les genoux (ce qui provoque l’apparition de cal sur les coudes).

– La platypnée : à l’inverse, la position en décubitus est alors plus confortable que la position assise ; elle s’accompagne souvent d’orthodéoxie, soit une chute de l’oxygénation artérielle en position assise.

Le status postpneumectomie, avec réouverture du trou de Botal, est une des causes fréquentes de ce syndrome.

– La trépopnée : la position préférentielle est le décubitus latéral, le plus souvent avec le poumon sain en position déclive, observée lors de pathologie unilatérale majeure.

3- Type de respiration :

La respiration est caractérisée par sa fréquence, son amplitude et sa régularité.

Le rythme normal varie entre dix et 20 cycles par minute (moyenne : 15).

– La bradypnée est un rythme ralenti, suggestif d’une dépression nerveuse centrale ou d’une alcalose métabolique marquée ; occasionnellement, elle peut s’observer en cas de sténose marquée des voies respiratoires extrathoraciques ou après prise de sédatifs.

– La tachypnée est un rythme respiratoire accéléré ; c’est un signe très sensible, mais non spécifique, témoin d’altérations mécaniques, métaboliques (fièvre, acidose), d’anémie, voire présent en l’absence d’anomalie organique comme dans le syndrome d’hyperventilation.

– L’hyperventilation centrale est une élévation au-delà de la normale de la ventilation (tenant compte de l’intensité de l’effet fourni) ; le terme hyperpnée est parfois préféré si la résultante est une pression alvéolaire en gaz carbonique normale.

– La respiration de Cheyne-Stokes est une respiration « régulièrement irrégulière » caractérisée par une augmentation progressive de la profondeur et parfois de la fréquence respiratoire, suivie sur un mode crescendo-decrescendo de sa décroissance, avec parfois une période d’apnée.

Elle indique soit une lésion organique centrale, soit une lésion fonctionnelle ; au cours du sommeil, elle est notamment observée dans l’insuffisance cardiaque.

– La respiration de Kussmaul est une hyperventilation plus profonde et plus lente que l’hyperventilation centrale, en réponse à une acidose métabolique, telle que l’acidocétose diabétique.

– La respiration apneustique est un type particulier de respiration profonde suivie d’une période d’apnée et d’une expiration rapide, généralement secondaire à une lésion pontine.

– La respiration de Biot est une succession irrégulière d’épisodes d’hyperventilation et d’hypoventilation, se rencontrant dans certaines méningites et compressions médullaires.

– La respiration ataxique est une respiration complètement anarchique parfois qualifiée de flutter du centre respiratoire, indicatrice d’un décès proche.

4- Aspect des expectorations :

Lorsqu’une expectoration est présente, elle mérite notre attention.

– L’expectoration purulente, jaunâtre ou verdâtre, traduit la présence d’un nombre accru de leucocytes, neutrophiles ou éosinophiles et ne peut donc jamais être prise comme la preuve d’un processus infectieux bactérien.

– L’expectoration mucopurulente est un mélange de mucus et de pus.

– L’expectoration contenant du sang peut prendre plusieurs aspects.

Celui-ci peut être sous la forme de filets striant le mucus, ou le sang peut être mélangé pour donner un teint rouillé ou rouge brun, ou encore être quasi pur (hémoptysie vraie par opposition au crachat hémoptoïque).

– L’expectoration peut être brunâtre chez les fumeurs invétérés, et même noirâtre chez les mineurs de charbon ; l’émission d’une expectoration noirâtre abondante est appelée mélanoptysie (en cas de nécrose d’une masse pseudotumorale).

– Une expectoration muqueuse et fluide abondante (jusqu’à 1 L/j) est appelée bronchorrhée ; elle suggère la possibilité d’un carcinome bronchioloalvéolaire (mais n’est présente que dans environ 5 % des cas).

– L’expectoration émise au cours des bronchiectasies diffuses (situation actuellement rare) peut se répartir en trois couches dans le crachoir : une couche supérieure mousseuse, une couche intermédiaire muqueuse et une couche inférieure épaisse et purulente.

– En cas de bronchite plastique et d’aspergillose bronchopulmonaire allergique, peuvent être émis des moules fibrineux ou des bouchons brunâtres, véritables images en négatif de l’arbre bronchique.

– Le crachat muqueux de l’asthmatique peut contenir des petites perles (crachat perlé décrit par Laennec) ou des structures en forme de ver.

– L’expectoration peut contenir de petits cailloux ou du gravier en cas de broncholithiase.

– Les crachats induits par aérosol sont d’un intérêt certain lorsqu’il n’y a pas d’expectoration spontanée.

5- Tête :

* Faciès :

– Faciès du fumeur : le fumeur peut avoir l’air plus âgé que son âge réel, avec une peau grisâtre, ridée, des traits grossiers.

– Faciès cushingoïde : faciès lunaire, arrondi, un peu huileux, avec parfois de l’acné, de l’alopécie, de l’hirsutisme (associé à une bosse de bison, une obésité centrale et des vergetures) ; il témoigne d’une imprégnation corticoïde.

– Faciès sclérodermique : nez d’aspect tranchant et brillant, peau très tendue avec même disparition des rides ; hyperpigmentation ou parfois vitiligo ; quelques télangiectasies ; fente buccale étroite.

– Faciès lupique : rougeur malaire en « ailes de papillon » entreprenant également l’arête du nez.

– Faciès hippocratique : expression tendue d’un sujet attendant une mort imminente, avec les yeux enfoncés, les joues et les tempes creuses, des lèvres sèches et fissurées, un teint de plomb.

– Aspect du nez en « selle » dans la polychondrite atrophiante.

* Yeux :

– Signe de Bernard-Horner : pupille en myosis avec ptôse ipsilatérale de la paupière supérieure et éventuellement anhydrose faciale homolatérale, traduisant une lésion du nerf orthosympathique.

– Anémie et ictère se diagnostiquent respectivement par la pâleur des conjonctives et la couleur jaunâtre des sclérotiques.

– Les glandes lacrymales peuvent être élargies dans la sarcoïdose.

– Lors d’augmentation de la pression veineuse centrale, une certaine exophtalmie donne un aspect fixe au regard.

* Nez :

– Le battement des ailes du nez traduit une détresse respiratoire, comme dans les pneumonies sévères (en particulier chez l’enfant).

– Un simple spéculum permet d’observer la muqueuse nasale et de détecter la cause d’une obstruction d’une narine, comme une polypose.

– En cas d’épistaxis récidivant, la mise en évidence de télangiectasies multiples doit évoquer une maladie de Rendu-Osler-Weber.

– Des sécrétions nasales muqueuses jaunâtres n’orientent pas le diagnostic différentiel, mais des sécrétions franchement verdâtres doivent faire évoquer une sinusite purulente.

– Des sécrétions noir foncé (rare) se rencontrent dans la mucormycose.

* Oreilles :

Le conduit auditif externe ne nécessite qu’un simple spéculum pour être observé ; une myringite bulleuse peut orienter un diagnostic étiologique d’infection respiratoire vers un Mycoplasma pneumoniae ; toutefois cet aspect n’est pas spécifique.

* Bouche et pharynx :

– La candidose buccale est faite de papules ou plaques blanchâtres, entourées d’un bord érythémateux, qui, lorsqu’elles sont détachées, laissent une muqueuse très enflammée, voire saignotante (c’est la complication la plus fréquente des traitements corticoïdes par aérosols).

– Chez le fumeur invétéré peut s’observer une augmentation de la pigmentation au niveau des mandibules antérieures et des gencives.

– Une hypertrophie de la langue (macroglossie), de la luette, des amygdales, contribue à un rétrécissement du défilé oropharyngé et favorise un SAOS.

– La maladie de Behçet donne des aphtes ulcérés buccaux et génitaux, associés avec une uvéite, une arthrite, des lésions neurologiques.

– Le syndrome de Gougerot-Sjögren est une kératoconjonctivite sèche caractérisée par de la xérophtalmie et une bouche sèche (xérostomie), associée à diverses modifications auto-immunes, notamment articulaires et pulmonaires.

– La présence de sécrétions adhérant au palais postérieur soutient un diagnostic d’écoulement nasal postérieur.

– L’expiration lèvres pincées témoigne d’un trouble ventilatoire obstructif sévère, avec collapsus expiratoire des voies aériennes centrales, habituellement secondaire à un emphysème marqué.

* Cyanose des muqueuses :

La cyanose centrale, ou aspect bleuté des muqueuses (et de la peau) apparaît lorsque la quantité de désoxyhémoglobine capillaire atteint 5 g/100 mL, ce qui (lorsque le taux d’hémoglobine est normal) correspond à un taux artériel de désoxyhémoglobine supérieur à 1,2 mL, soit encore une pression alvéolaire en oxygène inférieure à 60 mmHg.

La cyanose n’est donc jamais un signe clinique précoce d’insuffisance respiratoire (définie comme un défaut d’oxygénation artérielle) et a contrario doit toujours être prise au sérieux lorsqu’elle est présente.

La cyanose apparaît plus aisément lorsqu’il existe une polyglobulie et est pratiquement impossible en cas d’anémie.

La cyanose est mal détectable à la lumière artificielle.

La cyanose centrale se corrige en cas de respiration d’air enrichi en oxygène, ce qui n’est pas le cas de la cyanose périphérique (cutanée), due à un ralentissement circulatoire avec préservation du taux d’oxyhémoglobine artériel.

La cyanose est difficile à détecter chez les individus de couleur.

6- Cou :

– Les muscles accessoires : alors que le scalène est un muscle primaire de l’inspiration (même si cela n’est pas décelable par l’observation), le sterno-cléido-mastoïdien n’est mis en jeu qu’en cas d’augmentation importante du travail ventilatoire, comme dans l’asthme aigu ou les exacerbations de BPCO, beaucoup plus rarement au cours des BPCO sévères ; le volume de ce muscle n’est d’ailleurs pas augmenté chez ces malades.

– La rétraction inspiratoire des creux sus-claviculaire et sus-sternal est un témoin d’une dépression inspiratoire intrathoracique marquée.

– La turgescence des veines jugulaires internes est le mieux appréciable en position semi-assise ; permanente, elle témoigne d’une augmentation de pression dans la veine cave supérieure, soit suite à la compression ou à l’obstruction intrinsèque de celle-ci (syndrome cave supérieur), soit suite à une augmentation de la pression auriculaire, signe de défaillance cardiaque droite ou globale.

En cas de trouble ventilatoire obstructif majeur avec hyperinflation, la fin de l’expiration peut devenir active avec une pression positive intrathoracique gênant le retour veineux jugulaire en expiration.

Le signe de Pemberton correspond à un syndrome cave supérieur réversible, induit par la levée des bras au-dessus de la tête et produit par un goitre rétrosternal.

– En cas de syndrome cave supérieur d’installation rapide, l’obstacle au retour jugulaire est responsable d’un oedème en capeline, pouvant éventuellement gagner la face.

Lorsque cette obstruction est plus ancienne, une circulation collatérale s’installe, bien visible sur la paroi thoracique, et l’oedème régresse.

– Le premier signe d’un pneumomédiastin est l’apparition d’un emphysème sous-cutané à la fourchette sternale qui, lorsqu’il est sévère, transforme le malade en « bonhomme Michelin ».

7- Thorax :

* Déformations thoraciques :

– Un thorax est dit déformé en tonneau lorsque son diamètre antéropostérieur devient au moins égal à son diamètre latérolatéral ; il s’accompagne d’une horizontalisation des côtes.

Chez le sujet jeune, il témoigne d’une distension pulmonaire chronique, mais il perd ce caractère de spécificité chez le sujet âgé.

– Le thorax en carène est dû à une projection en avant du sternum, la cage thoracique prenant la forme d’une quille de bateau.

– Le thorax en entonnoir est caractérisé par un creux induit par le déplacement vers l’arrière du cartilage xiphoïde.

– Une cyphoscoliose sévère (angle de Cobb supérieur à 100°) peut retentir sur la mécanique ventilatoire au point d’aboutir à un coeur pulmonaire chronique.

Thorax en carène et en entonnoir n’ont pas d’incidence significative sur la mécanique ventilatoire, mais plutôt des conséquences psychologiques liées à un préjudice esthétique.

Un thorax en entonnoir marqué peut cependant comprimer le coeur et limiter son adaptation au cours de l’exercice.

* Mouvements thoraciques :

– Un asynchronisme et une asymétrie d’expansion entre les deux hémithorax ne sont détectables visuellement qu’en présence d’une pathologie sous-jacente sévère, telle qu’une atélectasie complète, un épanchement pleural massif, un pneumothorax étendu…

Une telle asymétrie peut être limitée à une partie d’un hémithorax.

– La rétraction inspiratoire des espaces intercostaux, visible chez les sujets maigres, a la même signification que celle des creux sus-claviculaires.

– Le signe de Hoover s’observe chez des malades avec distension marquée, abaissement et horizontalisation des diaphragmes, de sorte que leur contraction entraîne un mouvement inspiratoire vers l’intérieur des côtes, plutôt que leur mouvement normal vers l’extérieur, avec un mouvement en « anse de seau ».

En positions assise et couchée, c’est surtout le mouvement inspiratoire de la cage thoracique basse qui est marqué, tandis qu’en position debout la contribution de la cage thoracique haute devient appréciable, de même que chez les malades au thorax distendu.

* Mouvements du coeur :

Chez le sujet normal, seuls les battements de la pointe du coeur peuvent être observés, produits par la contraction de la paroi du ventricule gauche et du septum (ils sont observés dans le cinquième espace intercostal sur la ligne médioclaviculaire), tandis que la contraction du coeur droit n’est pas visible.

8- Abdomen :

– Les mouvements respiratoires de l’abdomen sont normalement synchrones avec ceux du thorax inférieur, l’abaissement inspiratoire du diaphragme poussant vers l’avant la paroi antérieure de l’abdomen ; ce déplacement est plus important en décubitus dorsal qu’en position assise ou debout.

– En cas de paralysie diaphragmatique bilatérale, les diaphragmes et le contenu de l’abdomen sont « sucés » à l’intérieur du thorax pendant l’inspiration, créant un mouvement abdominal paradoxal.

Un tel mouvement paradoxal se produit également au cours du sommeil, ainsi qu’au cours des détresses respiratoires aiguës (parfois avant que l’hypercapnie ne s’installe).

– La ceinture abdominale, mais surtout le muscle grand droit, se contractent activement au cours de la toux, ainsi que chez certains malades avec trouble ventilatoire obstructif et pression positive téléexpiratoire intrinsèque ; cette contraction est cependant difficile à détecter cliniquement.

9- Extrémités :

– L’hippocratisme digital est une déformation indolore des extrémités des doigts et des orteils, par accumulation de tissu mou à la base de l’ongle avec perte de l’angle de Lovibond et augmentation de la distance phalangéale distale, qui devient supérieure à la distance interphalangéale.

Lorsque cette accumulation de tissu mou prend tout le doigt, celui-ci est dit en « baguette de tambour ».

Lorsque la partie dorsale des ongles de deux doigts équivalents est apposée, il persiste normalement une lumière qui disparaît en cas d’hippocratisme : c’est le signe de Shamroth.

L’hippocratisme peut être associé à l’ostéoarthropathie hypertrophiante pneumique de Marie-Bamberger, une périostose des os longs qui, elle, est douloureuse.

Il existe une forme congénitale et héréditaire d’hippocratisme appelée pachydermopériostose.

L’hippocratisme digital se rencontre au cours de nombreuses affections respiratoires et non respiratoires.

– Le phénomène de Raynaud, qui se rencontre notamment au cours des connectivites, est une sensibilité exacerbée au froid des extrémités qui, plongées dans l’eau glacée, passent successivement par les couleurs blanche (pâleur), bleue (cyanose) et rouge (c’est la réponse triple).

– La sclérodactylie, un épaississement et un resserrement de la peau sur les doigts, avec des bouts de doigts cicatriciels et d’aspect effilé, caractérise la slérodermie.

– Le syndrome des ongles jaunes, dû à des anomalies lymphatiques, se caractérise par une couleur jaune de l’assiette de l’ongle et peut s’accompagner d’épanchement pleural liquidien.

– Les extrémités des doigts du fumeur qui tiennent habituellement la cigarette prennent une coloration jaune-brun ; c’est, avec l’odeur de tabac, un moyen simple de poser un diagnostic de tabagisme.

– Le flapping tremor, ou astérixis, est fait de mouvements saccadés involontaires des mains sur les poignets, les extensions succédant aux flexions, favorisés par une dorsiflexion du poignet, doigts écartés.

Il se rencontre notamment au cours des hypercapnies aiguës.

10- Membres inférieurs :

– Un oedème des deux membres inférieurs n’est pas spécifique de la décompensation cardiaque, à laquelle il doit cependant toujours faire penser ; chez les BPCO, il peut être le signe d’une hypoxémie chronique.

Il est fréquemment attribuable à des troubles de la circulation veineuse ou lymphatique.

– Un oedème unilatéral doit faire penser à une thrombose veineuse profonde, mais la clinique de cette dernière est extrêmement piégeante, de sorte qu’il est préférable de recourir à une échographie-doppler pour affirmer le diagnostic (un dosage des D-dimères normal a une bonne valeur prédictive négative chez le patient ambulant).

11- Peau :

Les manifestations de maladie systémique avec composante respiratoire et les complications respiratoires des maladies cutanées sont extrêmement nombreuses. Sont notamment intéressantes les lésions suivantes :

– l’herpes simplex, fait de vésicules ombiliquées sur base érythémateuse, touche surtout les lèvres (et les parties génitales) ; il accompagne fréquemment les infections respiratoires aiguës, dont les pneumonies ;

– la varicelle, lorsqu’elle survient chez l’adulte, peut se compliquer de pneumonie généralisée qui, guérie, laisse comme séquelles des microcalcifications diffuses ;

– le zona est surtout fréquent après 50 ans ; il peut être précédé de douleurs pariétales dans le dermatome malade et suivi de douleurs postherpétiques dans environ 15 % des cas ;

– la consommation des stéroïdes peut induire une acné touchant surtout le tronc, les épaules et le dessus des bras (qui peut s’installer dès 2 semaines après une corticothérapie orale) ;

– certains médicaments, certains agents infectieux dont Mycoplasma pneumoniae, donnent un syndrome de Stevens-Johnson, fait de vésicules et de bulles cutanées et muqueuses diffuses ;

– la dermatite atopique chez l’adulte se concentre aux zones de flexion (plis du coude et des genoux) ;

– le syndrome de Kaposi, surtout fréquent chez les sidéens, donne des plaques cutanées violacées ;

– le lupus érythémateux touche surtout les sujets jeunes (25 à 45 ans), plus la femme que l’homme (deux cas pour un) ; des lésions cutanées sont présentes dans 85 % des cas (faciès lupique) ;

– les causes de purpura sont nombreuses ; lorsqu’il est palpable, il signe une vasculite touchant les petits vaisseaux ;

– la sarcoïdose donne le plus fréquemment de petites papules groupées touchant la face et le cou, ne s’écaillant pas ; elles sont aisées à biopsier ;

– l’érythème noueux est caractérisé par des lésions rouges, larges et douloureuses sur les zones prétibiales ; il peut se voir notamment dans la primo-infection tuberculeuse, dans la sarcoïdose (syndrome de Löfgren) ;

– la dermatomyosite se caractérise par un oedème violacé des paupières supérieures, avec rougeur et oedème de la face, ainsi que par des plaques rouge violacé touchant les coudes, les genoux, la face dorsale des phalanges… ;

– le mélanome malin peut se compliquer de métastases pulmonaires et bronchiques, tandis que le cancer pulmonaire est générateur de métastases cutanées.