L'otalgie est une douleur de
l'oreille d'intensité variable, parfois intense, lancinante,
animée de battements. Elle peut être très discrète, simple
pesanteur. Parfois nettement localisée au fond du conduit ou à
la mastoïde, elle peut être plus diffuse, périauriculaire.
Examen clinique :
INTERROGATOIRE :
Il précise :
* la date d'apparition de l'otalgie.
* ses caractéristiques : unilatéralité ou bilatéralité,
permanente ou paroxystique de type névralgique.
* les antécédents ORL et généraux médico-chirurgicaux, l'âge et
le terrain (intoxication alcoolo-tabagique).
EXAMEN PHYSIQUE :
Examen otologique :
L'examen physique comporte tout d'abord un examen otologique :
* inspection du pavillon.
* mobilisation du pavillon qui augmente la douleur en cas
d'otite externe tandis que cette manœuvre n'influence pas la
douleur de l'otite moyenne.
* otoscopie, dont les données ne sont pas toujours faciles à
interpréter chez l'enfant ou avec des instruments de routine
(spéculum). Le microscope permet seul de bien nettoyer et
d'aspirer les débris, permettant même parfois de franchir un
rétrécissement du méat sans trop de douleurs. On étudiera
successivement :
- les parois du conduit auditif externe.
- le tympan, en différenciant bien la pars tensa et la pars
flaccida (membrane de Schrapnell) qui mérite une inspection
particulière.
Examen ORL complet :
L'examen ORL sera complété. Celui-ci sera d'autant plus soigneux
que l'examen otologique est normal :
* examen de la cavité buccale :
- dents.
- gencives.
- langue.
* examen de l'oropharynx, avec inspection et palpation des
amygdales.
* examen de l'hypopharynx et du larynx, en laryngoscopie
indirecte, en inspectant particulièrement les sinus piriformes
et la base de la langue ; intérêt de l'utilisation du fibroscope
naso-pharyngo-laryngé.
* examen du cavum en rhinoscopie postérieure et même, au moindre
doute, endoscopie directe par la fosse nasale : le diagnostic de
cancer du cavum n'est pas toujours facile. Comme il peut
s'accompagner d'une otite séromuqueuse symptomatique, il faut
rester en éveil et penser à demander une TDM en cas d'otalgies
persistantes : seule façon de diagnostiquer des tumeurs malignes
rares, surtout chez l'enfant (sarcome de la base du crâne ou de
l'arrière-fond de la fosse ptérygo-maxillaire).
* examen des articulations temporo-mandibulaires avec étude de
l'articulé dentaire.
* palpation des aires ganglionnaires cervicales.
* examen des paires crâniennes.
Étiologies :
OTALGIES D'ORIGINE LOCALE :
L'examen otologique affirme l'origine auriculaire des otalgies
d'origine locale (otodynies).
Lésions du pavillon :
Lorsqu'elles sont évidentes cliniquement :
* la plaie :
- plus ou moins souillée, avec ou sans perte de substance.
- la désinfection et la réparation doivent être soigneuses.
- la surveillance du pansement est importante, guettant une
complication (hématome, infection) souvent annoncée par
l'otalgie.
* l'othématome :
- c'est un épanchement sanguin entre le cartilage et le
périchondre, développé, le plus souvent, à la face externe du
scapha sous forme d'une tuméfaction rouge violacé sous-cutanée.
- l'évolution spontanée aboutit assez souvent à l'organisation
fibreuse de l'hématome avec destruction cartilagineuse partielle
inesthétique.
- l'hématome peut se surinfecter provoquant une chondrite.
- le traitement consiste à vider l'épanchement complètement et à
appliquer un pansement moulant et compressif pour éviter les
récidives, antibiothérapie de couverture (antistaphylococcique
de préférence).
* la périchondrite :
- c'est une atteinte infectieuse du cartilage de l'oreille ;
elle succède presque toujours à un traumatisme accidentel ou
chirurgical.
- le pavillon est épaissi, tuméfié, très douloureux.
- la fièvre plus ou moins marquée manque rarement.
- le risque évolutif est la fonte cartilagineuse de l'oreille.
- le traitement consiste en une antibiothérapie adaptée par voie
parentérale, associée à la résection chirurgicale des foyers de
nécrose.
* le nodule douloureux du pavillon :
- il se voit surtout après 50 ans.
- c'est un petit nodule gris rosé du bord libre de l'hélix.
- le traitement est chirurgical.
* le cancer du pavillon :
- il s'agit d'un épithélioma, plus souvent spinocellulaire que
basocellulaire.
- l'apparition de douleurs signe l'atteinte cartilagineuse.
- la présence d'une adénopathie assombrit le pronostic.
- le traitement est radiochirurgical.
* nous citerons enfin :
- la surinfection d'une fistule congénitale préhélicéenne.
- les kystes sébacés surinfectés sous le lobule.
- l'eczéma impétiginisé qui sourd du méat.
Dans le conduit auditif externe :
Bouchon de cérumen ou corps étranger
De vives douleurs peuvent évoquer le rare bouchon épidermique du
conduit auditif externe macéré ou surinfecté.
Otite externe diffuse :
* C'est une dermo-épidermite aiguë :
- la traction du pavillon est douloureuse.
- la peau du conduit est très inflammatoire, œdématiée, rendant
l'otoscopie difficile et douloureuse (tympan peu ou non
visible).
* Le conduit est rétréci et encombré par une sérosité plus ou
moins suspecte.
* Il peut exister de la fièvre et une adénopathie souvent
prétragienne.
* L'extension peut se faire dans la région rétro-auriculaire
comblant le sillon avec accentuation des plis physiologiques
dans cette région (élément de diagnostic différentiel important
avec la mastoïdite extériorisée qui fait disparaître ces mêmes
plis).
* Les causes favorisantes sont :
- la présence d'une otorrhée purulente chronique.
- les lésions traumatiques répétées (coton-tige).
- l'humidité et la stagnation d'eau dans le conduit (nageur).
- l'eczéma chronique.
* Le traitement :
- est essentiellement local : après nettoyage du conduit,
instillations de gouttes auriculaires 3 à 4 fois par jour. Il
est bon de disposer d'un "Pope Oto-wick", petit tampon de
matière synthétique aéré, facile à placer, absorbant les
gouttes. Les différentes présentations d'antibiotiques locaux
(associations antibiotique-corticoïde) du commerce sont
utilisables.
- en cas de résistance au traitement, un prélèvement
bactériologique est indispensable ; il faudra penser à la
possibilité d'une mycose. Lorsque les signes inflammatoires
auront disparu, il faudra s'assurer de l'intégrité du tympan.
Otite externe maligne :
A vrai dire, il s'agit d'une ostéite nécrosante du tympanal
susceptible de s'étendre à la mastoïde et à la méninge, avec
participation du bacille pyocyanique :
- elle se rencontre aux deux extrémités de la vie : nourrissons
en état de souffrance physiologique ou vieillards de préférence
diabétiques, sujets immunodéprimés.
- l'otalgie est intense, la paralysie faciale est fréquente et
volontiers précoce.
- le pronostic peut être fatal (20 à 50%) et une lourde
antibiothérapie s'impose sous hospitalisation pour préparer un
geste chirurgical important.
Furoncle du conduit :
Il se situe dans le tiers externe du conduit.
* Il cause une otalgie très vive qui disparaît quand le
bourbillon est éliminé.
* Le diagnostic :
- n'est pas toujours facile au début et l'on peut s'aider de la
palpation au porte-coton qui retrouve un point douloureux
exquis.
- à un stade plus avancé, il existe une tuméfaction rouge à
pointe blanche.
* Rarement l'évolution peut se faire vers une staphylococcie
maligne de la face.
* Le traitement est local et général (antistaphylococcique).
* Il est classique de rechercher un diabète, en cas de récidive.
Zona auriculaire :
* L'otalgie est violente à type de cuisson.
* Il existe une éruption érythémato-vésiculeuse dans la zone de
Ramsay-Hunt (conque et conduit auditif externe).
* Elle peut précéder ou accompagner une paralysie faciale et
parfois une atteinte labyrinthique (zona otitique complet).
Otite externe phlycténulaire :
Dite "otite grippale" :
* elle survient habituellement dans un contexte grippal.
- l'otalgie est aiguë et violente.
- après plusieurs heures apparaît spontanément un écoulement
sérohématique qui ne soulage pas la douleur.
* à l'examen, on constate la présence d'une ou de plusieurs
bulles hémorragiques à la face externe du tympan (myringite) qui
débordent parfois sur les parois du conduit. Il peut s'y
associer un épanchement dans la caisse.
* le traitement consiste à prescrire des antalgiques, des
gouttes auriculaires (antibiotiques et corticoïdes).
L'antibiothérapie par voie générale permet d'éviter l'évolution
vers une otite moyenne suppurée. On peut percer les phlyctènes
pour soulager le patient, mais la paracentèse est
contre-indiquée.
Piqûre d'insecte :
* L'otalgie souvent violente s'accompagne d'acouphènes.
* A l'otoscopie le conduit est inflammatoire ; parfois l'insecte
piqueur est encore présent. (Il est souhaitable de placer un
petit coton imbibé d'éther à l'entrée du conduit avant de
procéder à son ablation.).
* Un traitement local anti-inflammatoire, avec ou sans
antibiotique, suffit.
Lésions de l'oreille moyenne :
L'otoscopie met en évidence les modifications de l'aspect du
tympan.
Otite aiguë purulente :
* Plus fréquente chez l'enfant que chez l'adulte, soit elle est
isolée, soit elle constitue un épisode de surinfection d'une
otite séreuse préexistante. Elle vient généralement compliquer
une infection rhino-pharyngée.
* L'otodynie est souvent révélatrice.
* L'otoscopie fait le diagnostic :
- au stade de début, otite congestive ; le tympan est rosé avec
disparition du triangle lumineux. Les reliefs tympaniques sont
conservés.
- au stade d'otite collectée, la douleur est au premier plan,
continue, pulsatile. La fièvre manque rarement. Le tympan
apparaît bombé, rouge sombre. Le bombement est soit localisé à
la partie postérieure, soit global, effaçant les reliefs.
- au stade d'otite suppurée à tympan ouvert, soit par
paracentèse, soit par perforation spontanée, la douleur
disparaît avec la survenue de l'otorrhée.
* Pour la conduite à tenir nous renvoyons le lecteur aux
questions "Otites de l'enfant et du nourrisson".
Mastoïdite aiguë :
Complication de l'otite aiguë, elle est moins fréquente
actuellement.
Elle survient essentiellement chez le nourrisson et le jeune
enfant au décours d'une otite purulente.
* La douleur, l'altération de l'état général et l'aspect
otoscopique permettent le diagnostic :
- il existe classiquement une petite perforation située au
sommet d'une voussure "en pis de vache" à la partie postérieure
du tympan.
- l'association à la chute de la paroi postéro-supérieure du
conduit est un signe très caractéristique de mastoïdite aiguë.
* Chez le nourrisson, la mastoïdite est toujours bilatérale.
* Les signes cliniques ne sont pas toujours aussi francs et le
diagnostic est actuellement souvent difficile. Il faut y penser
devant toute otite aiguë qui traîne malgré un traitement bien
conduit et savoir hospitaliser l'enfant pour surveiller sa
courbe de poids, sa température et ses tympans après suppression
de tout traitement antibiotique.
* Nous ne traiterons pas ici les formes compliquées ni le
traitement chirurgical, qui font partie des questions "Otites de
l'enfant et du nourrisson".
Otite aiguë barotraumatique :
Elle est liée à un dysfonctionnement de la trompe d'Eustache ;
le contexte de survenue est évocateur : plongée sous-marine ou
vol en avion, lors de la descente.
* L'otodynie est le signe majeur, allant de la simple gêne à la
douleur syncopale :
- elle s'accompagne d'une surdité avec sensation d'oreille
bouchée.
- les acouphènes sont fréquents.
- l'autophonie, la sensation de liquide dans l'oreille et
l'hypoacousie variant selon les positions de la tête évoquent la
présence d'un épanchement dans la caisse.
* La présence d'une otorragie signe la rupture du tympan (rare).
* L'existence de vertiges traduit l'atteinte de l'oreille
interne.
* A l'otoscopie, selon la sévérité du barotraumatisme, on décrit
cinq stades, allant de la simple hyperhémie le long du manche du
marteau jusqu'à la rupture tympanique, en passant par la
myringite associée à un épanchement séreux ou sérohématique de
la caisse.
* L'impédancemétrie confirme le dysfonctionnement tubaire.
* L'audiogramme retrouve une surdité de transmission de 20 à 30
dB prédominant sur les graves, rarement une surdité mixte.
* La thérapeutique comporte :
- l'arrêt momentané des vols ou de la plongée.
- la prescription d'un anti-inflammatoire par voie générale,
associé à un antibiotique en cas d'épanchement.
- la prescription d'un vasoconstricteur par voie nasale en cas
d'inflammation rhino-pharyngée.
- en cas de persistance d'un épanchement une paracentèse peut
être indiquée.
- en cas de récidive de l'épanchement la pose d'un aérateur
transtympanique peut s'avérer nécessaire.
Otite chronique :
* L'otite chronique n'est habituellement pas douloureuse.
* La survenue d'une otalgie doit faire rechercher une
complication. Le plus souvent il s'agit d'une poussée de
réchauffement avec apparition d'une otorrhée purulente.
Cancer de l'oreille moyenne :
* Rare et de pronostic redoutable, il survient volontiers sur
une otite chronique.
* L'apparition d'une otalgie, souvent intense, la modification
de l'otorrhée qui devient sanglante sont hautement suspectes.
* L'otoscopie révèle, au fond du conduit, la présence de
bourgeons, de polypes ou de granulations, saignant au contact.
L'examen histologique affirme le diagnostic. Il s'agit, le plus
souvent, d'un épithélioma malpighien.
* Le traitement est radiochirurgical.
OTALGIES REFLEXES :
L'otoscopie est normale, souvent derrière un coton placé au méat
par le patient.
L'examen ORL recherche une cause extra-auriculaire qui peut
siéger à plusieurs niveaux.
Cavité buccale :
* Les dents :
- une carie profonde.
- une péricoronarite, de la dent de sagesse notamment.
- une dent de sagesse incluse.
peuvent s'accompagner d'une otalgie homolatérale.
* La langue mobile :
- le cancer de la langue est souvent responsable d'une otalgie
intense, parfois révélatrice.
- l'inspection et la palpation recherchent une ulcération à fond
induré ; la localisation marginale est la plus fréquente.
* Les glandes salivaires :
- les parotidites aiguës (ourliennes ou non) s'accompagnent
d'une otalgie.
- l'inspection et la palpation de la région parotidienne et de
l'orifice du canal de Sténon permettent facilement de retrouver
la cause de l'otalgie (voir question : "Tuméfaction
parotidienne").
Oropharynx :
* Toute la pathologie de la région amygdalienne peut donner une
otalgie (IX) :
- amygdalite, angine, pharyngite aiguë, suites immédiates de
l'amygdalectomie donnent souvent une otalgie bilatérale et une
odynophagie, majorées par la déglutition.
- les phlegmons périamygdaliens.
- le cancer de l'amygdale ou du sillon amygdalo-glosse.
* L'otalgie est un signe précoce. L'examen doit être méticuleux,
en déplissant bien le sillon amygdalo-glosse et en refoulant le
pilier antérieur. Il ne faut pas omettre la palpation au doigt
et à l'aide d'un porte-coton (voir question "Cancer de
l'oropharynx").
* La base de la langue : le cancer de la base de la langue et/ou
de la vallécule peut se révéler par une otalgie. L'examen au
miroir est indispensable, couplé à la palpation.
* Les cancers du voile du palais.
* A part, citons les stylalgies (syndrome de la styloïde longue)
:
- il s'agit d'une douleur située dans la région amygdalienne,
irradiant vers l'oreille.
- on peut reproduire la douleur lors de la rotation-extension
forcée de la tête du côté opposé à la douleur.
- la palpation endobuccale de la styloïde longue, derrière
l'amygdale, est douloureuse.
- un cliché centré sur l'apophyse styloïde confirme ce
diagnostic rare.
- un traitement anti-inflammatoire sera prescrit. En cas
d'échec, abord direct endobuccal et résection de la styloïde ou,
pour certains auteurs, simple fracture au doigt sous anesthésie
générale.
Larynx et hypopharynx :
La laryngoscopie indirecte doit être systématique dans le bilan
étiologique de toute otalgie réflexe recherchant un cancer du
sinus piriforme ou du larynx.
Cancer du sinus piriforme :
* On examine tout particulièrement le fond, l'angle antérieur et
la face externe des sinus.
* La lésion bourgeonnante, ulcérée ou infiltrante n'est pas
toujours évidente à l'examen. Il faut accorder une grande
importance à :
- l'asymétrie d'un des deux sinus.
- la stase salivaire dans un sinus.
- la présence d'un bourrelet d'œdème.
- la diminution de la mobilité d'un hémilarynx.
* La pharyngo-laryngoscopie directe en suspension, sous
anesthésie générale, permet de mieux apprécier l'étendue de la
lésion et de faire des prélèvements biopsiques dirigés.
Cancer du larynx :
* L'otalgie est tardive.
* Cancer de la margelle ou cancer envahissant tout le larynx.
* Nous invitons le lecteur à se reporter à la question "Cancer
du larynx et de l'hypopharynx".
Cavum ou rhino-pharynx :
* L'otalgie peut révéler un cancer du cavum au même titre qu'une
otite séreuse unilatérale chez l'adulte :
- la rhinoscopie postérieure (ou la fibroscopie naso-pharyngée)
doit être systématique et ce d'autant plus qu'il s'agit d'un
sujet à risque (Maghreb, Chine du Sud).
- se reporter à la question "Cancer de l'oropharynx et du
cavum".
* L'otalgie réflexe est fréquente dans les suites immédiates de
l'adénoïdectomie, surtout chez l'adulte. Dans les suites d'une
adénoïdectomie isolée, se méfier de la possibilité d'une otite
véritable.
Articulation temporo-mandibulaire :
* Les troubles de l'articulé dentaire peuvent être responsables
de douleurs irradiant vers l'oreille. La douleur siège en avant
de l'oreille et augmente à la mastication.
- Elle s'accompagne de craquements et parfois d'un trismus.
- Il faut palper les articulations temporo-mandibulaires (ATM),
étudier l'articulé dentaire et demander des clichés comparatifs
des ATM. Citons le développement récent de l'arthroscopie de
l'ATM à but diagnostique et thérapeutique.
* Citons le classique syndrome de Costen qui associe otalgie,
vertiges, acouphènes, céphalées, hypoacousie... et qui serait
lié à un dysfonctionnement de l'ATM.
A part :
Névralgies essentielles :
* Elles sont particulières du fait :
- du caractère de la douleur : intense, fulgurante, en éclair,
durant moins d'une minute, à début et à fin brusques, suivie
d'une période réfractaire.
- de l'existence d'une zone gâchette.
- de la négativité de l'examen neurologique.
* Névralgie du glosso-pharyngien (IX) :
- la douleur siège au niveau de la région amygdalienne et de la
base de la langue, et irradie vers l'oreille.
- la zone gâchette est retrouvée dans la région amygdalo-glosse.
La mastication, la déglutition, la phonation peuvent déclencher
la douleur.
- la fréquence des crises est variable.
- la carbamazépine (Tégrétol*) est souvent efficace.
* Névralgie du trijumeau (V) :
- la douleur irradie vers l'oreille lorsque la névralgie
intéresse la branche mandibulaire du V (nerf auriculo-temporal).
- on décrit une phase motrice contemporaine de la douleur,
inconstamment suivie d'une phase vasomotrice à la fin de la
crise.
- la zone gâchette est située dans le territoire de la douleur.
La mimique, la parole peuvent déclencher la douleur.
- elle atteint, le plus souvent, la femme de plus de 50 ans.
- le Tégrétol* est souvent efficace au début. Parfois le recours
à la thermocoagulation du ganglion de Gasser est nécessaire.
* La névralgie du pneumogastrique peut donner des douleurs de la
région auriculaire (rameau auriculaire du vague).
Algies neuro-vasculaires de la face :
Elles peuvent intéresser la région auriculaire :
* il s'agit de douleurs violentes, pulsatiles, survenant par
accès de quelques minutes à 1 heure, plusieurs fois par jour et
pendant plusieurs jours.
* la crise douloureuse s'accompagne volontiers de phénomènes
vasosécrétoires (rhinorrhée, larmoiement...).
* il n'y a pas de zone gâchette.
* elles atteignent, le plus souvent, l'homme. Les crises
commencent vers l'âge de 30 ans.
* le traitement est comparable à celui de la migraine
(dihydroergotamine, antisérotonine, voire bêta-bloquants).
Conclusion :
Il faut insister sur le fait que toute otalgie de l'adulte sans
cause otologique doit faire rechercher un cancer débutant, en
particulier de l'amygdale, du sinus piriforme, de la langue ou
du cavum. Cela impose un examen ORL soigneux et complet.