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Neurologie
Manifestations psychiatriques des tumeurs cérébrales : approche clinique et thérapeutique
Cours de Neurologie
 

 

Introduction :

Les tumeurs cérébrales affectent souvent des adultes jeunes.

Elles peuvent se développer de manière insidieuse, en l’absence de symptômes neurologiques focalisés évidents.

Les troubles de la vigilance, les troubles cognitifs, des modifications de l’humeur, de la personnalité, du comportement, peuvent en constituer les manifestations princeps ou en compliquer le cours évolutif et le traitement.

Nous aborderons donc successivement les données épidémiologiques et les aspects cliniques des manifestations psychiatriques des tumeurs cérébrales, et nous discuterons leurs implications thérapeutiques.

Épidémiologie :

Les tumeurs du système nerveux central sont fréquentes, leur incidence annuelle est estimée à 10 à 20 pour 100 000.

Les tumeurs secondaires représentent 15 à 25 % des cas, localisations secondaires, par ordre décroissant, de néoplasies du poumon, du sein, du rein, du tractus gastro-intestinal, de mélanomes.

Parmi les tumeurs primaires, les gliomes (glioblastomes et astrocytomes) sont parmi les plus fréquents, devant les méningiomes, les adénomes hypophysaires, les neurinomes.

Les localisations les plus fréquentes sont respectivement, par ordre décroissant, la fosse postérieure, le lobe frontal, le lobe temporal, le lobe pariétal et le lobe occipital.

En 1938, Keschner estimait que 78 % des patients atteints de tumeur cérébrale présentaient des manifestations psychiatriques.

À l’inverse, les travaux de Percy (1972) ont mis en évidence qu’avant l’avènement des techniques d’imagerie cérébrale modernes, près de 35 à 40 % des tumeurs cérébrales n’étaient diagnostiquées qu’à l’autopsie.

L’intérêt pour les manifestations psychiatriques des tumeurs cérébrales s’est en fait très nettement atténué depuis l’avènement des techniques d’imagerie cérébrale modernes qui offrent des perspectives diagnostiques fiables et précoces.

Il s’agit ainsi moins de rechercher la valeur localisatrice de telle ou telle manifestation psychiatrique, que de ne pas passer à côté de signes d’organicité devant un tableau psychiatrique franc.

Mais cette éventualité reste rare, comme le montrent plusieurs études réalisées chez des patients hospitalisés en milieu psychiatrique chez qui le diagnostic de tumeur intracérébrale n’est confirmé par imagerie cérébrale que dans moins de 1 % des cas, des symptômes neurologiques étant alors fréquemment associés aux manifestations psychiatriques.

Approche clinique :

A - SYMPTÔMES GÉNÉRAUX :

Les signes d’appels les plus fréquents de tumeurs cérébrales sont les céphalées, les crises comitiales, l’oedème papillaire, les symptômes neurologiques focaux.

Les céphalées constituent un symptôme d’appel dans près de 35 % des cas, et sont présentes dans le cours d’évolution de près de 70 % des cas.

Elles sont souvent trompeuses non spécifiques.

Leur caractère insomniant, leur aggravation en cours de journée ou au cours d’efforts (toux) ou de changement de position, doivent faire réaliser une imagerie cérébrale.

L’oedème papillaire est présent dans près de 70 % des cas, témoignant de l’hypertension intracrânienne.

Il est plus fréquent dans les tumeurs de l’enfant et dans les tumeurs à développement lent.

Il peut être suspecté devant une altération partielle ou fluctuante de l’acuité visuelle, en particulier lors de manoeuvres qui visent à augmenter la pression intracérébrale (toux, modifications posturales brutales...).

Les crises épileptiques représentent le symptôme d’appel dans 20 à 30 % des cas, elles compliquent l’évolution dans la maladie dans 40 à 60 % des cas.

Il s’agit de crises focales ou de crises généralisées secondaires.

Les tumeurs de localisation corticale, en particulier les gliomes frontaux, pariétaux, temporaux sont fréquemment à l’origine de manifestations épileptiques.

C’est également le cas des tumeurs à croissance lente et des tumeurs localisées à proximité de la scissure rolandique.

Les tumeurs de localisation profonde (thalamus, fosse postérieure) sont en revanche moins souvent accompagnées de manifestations épileptiques. Dans 20 à 30 % des cas, une tumeur cérébrale est retrouvée lorsqu’une première crise survient à l’âge adulte.

La réalisation d’une imagerie cérébrale est donc justifiée dans ce contexte, surtout s’il existe des signes focaux cliniques ou électroencéphalographiques.

B - SYMPTÔMES NEUROPSYCHIATRIQUES ET LOCALISATION :

Selon leur localisation, les tumeurs peuvent se manifester par des déficits sensorimoteurs focalisés, des altérations neuropsychologiques isolées, des manifestations de nature plus spécifiquement psychiatrique.

1- Localisation frontale :