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Appareil locomoteur
Lombalgies communes : handicaps et techniques d’évaluation, incidences socioéconomiques
Cours de l'appareil locomoteur
 


 

Handicap : définitions

Le raisonnement médical, dans son modèle traditionnel, concerne essentiellement le diagnostic des affections médicales et leur traitement.

Cette approche ne prend pas (ou très peu) en compte les conséquences fonctionnelles de ces manifestations sur la vie quotidienne des individus.

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Ces aspects sont pourtant prioritaires du point de vue des patients et il est donc important de les analyser et de les évaluer pour mettre en oeuvre les moyens de les réduire.

Cette situation a conduit à mener, au sein de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), des recherches dirigées par Philippe Wood dans les années 1980.

Celles-ci ont conduit à concevoir un modèle tridimensionnel décrivant l’ensemble des phénomènes qui succèdent à la lésion et à proposer une classification (classification internationale des déficiences, incapacités et handicaps) en complément de la classification internationale des maladies.

Le modèle de Wood est tridimensionnel, linéaire et horizontal, il décrit les phénomènes qui suivent la lésion.

La déficience est définie comme toute perte de substance ou altération d’une structure ou fonction psychologique, physiologique ou anatomique.

Elle représente la traduction d’un état pathologique sur l’organe.

L’incapacité se définit comme toute réduction (résultant d’une déficience) partielle ou totale de la capacité d’accomplir une activité d’une façon ou dans les limites considérées comme normales pour un être humain.

Ce n’est plus l’organe qui est considéré, mais la personne dans ses différentes fonctions (communication, soins corporels, locomotion…).

La notion de handicap ou désavantage social a introduit une dimension supplémentaire qui est celle de l’environnement.

Le handicap se définit comme le désavantage social pour un individu donné qui résulte d’une déficience ou d’une incapacité et qui limite ou interdit l’accomplissement d’un rôle normal.

Les situations de handicap concernent les actes essentiels de la vie quotidienne, la famille, la formation, le travail, les loisirs, la vie sociale.

Ce modèle a été utilisé jusqu’en 2000, mais certaines limites sont apparues aux utilisateurs.

L’état de santé n’est analysé qu’en termes négatifs, la notion de handicap n’est pas quantifiable en termes d’analyse de population (le concept de handicap étant par définition lié aux besoins particuliers de chacun et donc individuels, le poids des facteurs environnementaux n’est pas assez pris en compte dans ce modèle).

L’OMS a donc adopté en 2001 une nouvelle classification plus complexe, mais qui tend à répondre aux critiques faites au modèle de Wood.

Il s’agit de la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF). Les principales différences entre le modèle de Wood et celui proposé par la CIF sont au nombre de deux.

Contrairement au modèle de Wood, la CIF permet que chaque domaine puisse être analysé en termes positifs (intégrité, activités, participation, facilitateur). D’autre part, la définition du handicap change.

Dans le modèle proposé par la CIF, le handicap représente la composante négative de l’analyse des fonctions organiques, structure anatomique des activités et de la participation et correspond à l’ensemble déficience/incapacité du modèle de Wood.

Le handicap tel qu’il était défini dans le modèle de Wood est remplacé par la notion de facteur contextuel.

Handicap et lombalgies :

Cette notion de prise en compte du handicap dans le domaine de la lombalgie commune est capitale puisque cette pathologie réputée bénigne et relevant d’une prise en charge dans le cadre d’une médecine de confort entraîne des retentissements personnels et sociaux majeurs.

Ainsi, la qualité de vie, mesurée à l’aide du SF-36, d’employés se plaignant de lombalgies était équivalente au 15e percentile de la qualité de vie mesurée avec le même instrument dans la population générale.

Dans une étude de validation de deux instruments de mesure de qualité de vie, le groupe de patients souffrant de lombalgies chroniques avait des scores de qualité de vie plus bas que les patients souffrant d’asthme ou d’angine de poitrine.

A - CONCEPTS HABITUELLEMENT MESURÉS DANS L’ÉVALUATION DU HANDICAP DU LOMBALGIQUE CHRONIQUE :

On peut ainsi schématiquement diviser les critères d’évaluation en critères socioprofessionnels, critères physiques, critères psychiques, critères fonctionnels, consommation médicale et médicamenteuse.

1- Critères socioprofessionnels :

La capacité à reprendre les activités professionnelles et à maintenir cette activité peut être le critère principal d’efficacité.

Ce choix paraît logique puisque l’objectif principal de la prise en charge est la réinsertion professionnelle des lombalgies chroniques.

Ce critère doit toutefois être pondéré par le nombre et la durée d’arrêt de travail en raison des lombalgies et des lomboradiculalgies pendant la période de suivi.

La comparaison du nombre de jours d’arrêt de travail dans l’année précédant le programme et dans l’année suivant celui-ci apparaît également très informative.

Cela permet de mettre en balance le coût du programme par rapport à l’économie réalisée en termes de jours d’arrêt de travail.

2- Douleur :

Cette dimension est systématiquement évaluée.

Le plus souvent, elle est évaluée sur une échelle visuelle analogique de 100 mm.

Moins souvent, elle est appréciée sur des échelles semi-quantitatives.

Plusieurs études rapportent une diminution des douleurs au terme des programmes de rééducation, mais ceci ne correspond pas à notre expérience.

De plus, la diminution de la douleur n’apparaît pas clairement comme un facteur prédictif de reprise de l’activité professionnelle.

3- Critères physiques :

Les critères d’évaluation physique peuvent être schématiquement divisés en deux catégories : l’évaluation analytique de la force de l’endurance ou de l’extensibilité d’un muscle ou d’un groupe musculaire et l’évaluation globale de la forme physique générale.

La force d’un muscle ou d’un groupe musculaire peut être évaluée en isométrique en utilisant un dynamomètre, en isotonique en déterminant la résistance maximale (RM) (charge maximale mobilisable une fois sur toute l’amplitude d’un mouvement) ou en isocinétique.

Cette dernière technique est à l’heure actuelle la plus utilisée, permettant d’obtenir une représentation graphique, une quantification précise des pics de force sur une vitesse donnée.

Les vitesses angulaires les plus souvent utilisées sont 60, 120 et 180° par seconde.

Parmi les paramètres d’endurance les plus fréquemment utilisés, on retrouve l’évaluation isométrique des fléchisseurs et des extenseurs du tronc par les tests de Shirado et de Sorensen ainsi que l’évaluation isocinétique par le calcul du travail total mesuré lors de 30 mouvements réalisés à 60, 120 ou 180°/s et par celui de l’endurance ratio, rapport du travail développé lors des six premiers mouvements sur le travail développé lors des six derniers mouvements au cours d’un exercice réalisé 30 fois. D’autres tests sont également réalisés, le « sit-up test », la répétition du soulèvement de charge.

L’ensemble de ces paramètres de force et d’endurance sont régulièrement améliorés significativement à la fin des programmes de restauration fonctionnelle.

Toutefois, il ne semble pas que ces paramètres de force et d’endurance aient une valeur prédictive quand au résultat concernant la reprise des activités professionnelles des programmes de restauration à long terme.

Les paramètres d’extensibilité musculaire évalués sont l’indice de Schöber ou l’indice de Schöber modifié par Macrae (évaluant la mobilité lombaire dans le plan antérieur) et la mobilité globale du tronc (rachidienne et pelvienne) mesurée soit par la distance mainssol, soit par la méthode des inclinomètres de Loebe.

Les mesures d’extensibilité de l’étage sous-pelvien (ischiojambiers et droit antérieur) sont moins systématiquement réalisées.

Comme pour la force et l’endurance musculaire, ces mesures d’extensibilité sont constamment améliorées au cours des programmes de restauration fonctionnelle.

Cette amélioration de la souplesse ne constitue pas non plus un facteur prédictif de bons résultats à moyen et long terme des programmes.

Les paramètres de forme physique générale sont habituellement évalués par la consommation maximale d’oxygène (O2 max.) lors d’un test sur bicyclette ergométrique ou sur tapis roulant.

Les autres paramètres pris en compte sont la fréquence cardiaque atteinte lors de ce test et la puissance développée.

La plupart des études rapportent une amélioration ou une normalisation de la consommation maximale d’oxygène après les programmes de reconditionnement à l’effort.

4- Critères psychologiques :

Parmi les critères psychologiques, plusieurs composantes peuvent être explorées : la dépression, l’anxiété, la personnalité, l’estime de soi, le « coping » (stratégies d’adaptation développées par le patient face à la douleur), les peurs et les croyances concernant le rachis lombaire.

Dans la plupart des études, des tests abrégés sont utilisés qu’il s’agisse d’auto- ou d’hétéroquestionnaires.

En ce qui concerne la dépression, l’indice abrégé de Beck est le plus souvent adopté. Les indices d’anxiété sont moins largement utilisés que les indices de dépression, il n’existe pas de consensus quand à l’utilisation d’un indice plutôt qu’un autre. L’indice de Hamilton semblant toutefois être le plus largement utilisé.

Enfin, le HAD, échelle permettant de mesurer à la fois la dépression et l’anxiété, semble bien adapté aux lombalgiques.

En ce qui concerne les échelles de personnalité, elles sont beaucoup plus complexes, nécessitant un entretien avec un psychologue ou un psychiatre.

Elles n’ont été utilisées que dans quelques études.

Il n’existe pas de consensus quant à l’utilisation d’une échelle particulière. Les scores de dépression et d’anxiété sont régulièrement améliorés à la fin des programmes de prise en charge multidisciplinaires de rééducation.

Aucune étude publiée à ce jour ne permet d’affirmer que les scores de dépression, d’anxiété ou de personnalité puissent être des critères prédictifs du résultat à moyen ou à long terme de ces programmes.

Le Fear Avoidance and Belief Questionnaire (FABQ) est un autoquestionnaire développé pour mesurer les peurs et les croyances des lombalgiques concernant leurs rachis lombaire.

Deux sousscores peuvent être calculés, les peurs et croyances concernant les activités physiques en général, et les peurs et les croyances concernant les activités professionnelles.

Si le premier score s’améliore de façon significative après un programme de restauration fonctionnelle, il n’en est pas de même du second, les patients restant généralement convaincus du rôle nocif des activités professionnelles pour leurs lombalgies.

Les scores de peurs et de croyances concernant les activités professionnelles sont prédictifs de la reprise de ces activités et de l’observance aux programmes de rééducation.

5- Indices fonctionnels et de qualité de vie :

De nombreux indices fonctionnels ont été développés, validés et sont utilisés pour évaluer le retentissement des lombalgies chroniques.

Dans les études anglo-saxonnes, les plus fréquemment cités sont l’Oswestry et le Million.

En ce qui concerne les indices utilisables en langue française, il semble logique d’utiliser l’indice de Québec lorsque l’on veut mesurer l’incapacité fonctionnelle et l’indice de Dallas si l’on désire utiliser une échelle de qualité de vie, ces deux indices ayant été validés de manière méthodologiquement satisfaisantes.

Dans les programmes de rééducation utilisant soit des indices d’incapacité fonctionnelle, soit des indices de qualité de vie, il est noté une amélioration significative de ces indices en fin de programme et à court terme.

Les résultats sont plus contrastés à plus long terme et ce d’autant que les patients sont en accident de travail et en attente d’une compensation financière.

6- Consommation médicamenteuse et médicale :

La quantification de la consommation médicamenteuse et médicale est un critère largement utilisé dans les études anglo-saxonnes, qui montrent pour la plupart d’entre elles une diminution de la consommation d’antalgiques et du nombre de visites au médecin dans les mois suivant les programmes de restauration fonctionnelle.

Ces critères n’ont à notre connaissance pas été utilisés dans les études faites dans des populations de langue française.

Incidences socioéconomiques de la lombalgie commune :

Il est généralement admis que l’évolution clinique d’un épisode de lombalgie est favorable et qu’une grande partie de la douleur disparaît dans les premières semaines.

Environ 90 % des patients souffrant de lombalgie ne consultent plus leur médecin généraliste dans les 3 mois suivant le début des symptômes.

Cependant, certains auteurs soulignent que cette vue traditionnelle d’épisode unique de lombalgie aiguë ou chronique ne reflète pas la réalité.

En effet, les patients lombalgiques suivis en secteur de ville rapportent des épisodes douloureux récurrents, variant dans le temps plutôt qu’un épisode aigu limitant sur le plan fonctionnel.

Les mêmes auteurs suggèrent que les symptômes fluctuent et que la majorité des patients lombalgiques au moment d’une enquête transversale ont préalablement connu des épisodes douloureux lombaires.

De 20 à 44 % des patients ayant un épisode lombalgique ont un épisode récurrent dans l’année qui suit et ces épisodes récurrents pourraient toucher 85 % des patients au cours de leur vie.

Ces épisodes récurrents sont d’autant plus fréquents et sévères que le patient a préalablement eu un épisode douloureux chronique.

L’évolution des arrêts de travail secondaires à un épisode de lombalgie a de manière similaire été considéré comme le plus souvent favorable.

Des études rapportent que 67 % des patients en arrêt de travail en raison d’une lombalgie sont retournés au travail en moins de 1 semaine et que 90 % retournent au travail en moins de 2 mois.

Cependant, plus la période d’arrêt de travail s’allonge, plus les chances de retourner au travail diminuent.

Moins de 50 % des patients en arrêt de travail pour lombalgie reprendront leur poste et après 2 ans d’absence, la probabilité de réintégrer son poste de travail est à peu près nulle.

On considère donc habituellement que le sous-groupe de patients passant à la chronicité est responsable de la majorité des coûts.

Quinze pour cent des employés lombalgiques représenteraient la moitié des jours d’absentéisme.

D’autres études rapportent qu’approximativement 10 à 25 % des lombalgiques représentent 75 % des coûts liés à cette pathologie.

Ainsi, bien que les données sur le coût de la pathologie lombaire commune soient relativement incomplètes, les résultats de différentes études montrent que cette pathologie est un véritable problème de santé publique dans les sociétés industrialisées.

A - COÛT DE LA LOMBALGIE COMMUNE :

En général, l’estimation du coût des lombalgies est obtenue en mesurant l’impact financier (arrêt de travail, prise en charge médicale, perte de productivité).

La plupart des études conduites selon cette technique ont conclu qu’un petit pourcentage de patients souffrant de lombalgie chronique sont responsables de la majorité des coûts.

Une étude réalisée aux États-Unis parmi des employés ayant contracté des assurances privées montre que 4,6 % à 8,8 % des compensations financières pour lombalgie durent plus de 1 an, mais qu’elles correspondent à 64,9-84,7 % des coûts.

Une étude réalisée parmi la population active de Jersey rapporte des résultats similaires avec 3 % d’arrêt de travail de plus de 6 mois correspondant à 33 % des compensations financières accordées pendant la période de l’étude.

Bien qu’imparfaites, les estimations de perte de productivité en termes d’arrêt de travail et de coût associés se sont affinées ces dernières années.

Une analyse réalisée aux États-Unis sur 30 000 travailleurs montre une prévalence de lombalgie durant plus de 1 semaine de 17, 6 %.

Les mêmes auteurs estiment que chez 4,6 % de cette population, la lombalgie est associée à une perte d’emploi. Globalement, il a été estimé que la lombalgie commune entraînait 149 millions de jours d’arrêt de travail chaque année aux États-Unis.

En Norvège, l’incidence des lombalgies entraînant au moins 2 semaines d’arrêt de travail a été estimée à 2,27 pour 100 personnes/année.

Quinze pour cent de cette population n’étaient toujours pas retournés au travail après 6 mois et la médiane du nombre de jours d’arrêt de travail était de 43 chez les femmes et 47 chez les hommes.

Plusieurs études récentes ont proposé une estimation du coût global de la lombalgie en milieu professionnel.

Aux États-Unis, le coût annuel en termes de perte de productivité a été estimé à approximativement 28 milliards de dollars.

Dans l’étude réalisée parmi la population active de Jersey, le coût des arrêts de travail secondaire à la lombalgie a été estimé à 3,16 millions de livres pour 100 000 employés par an.

Durant la même période, la lombalgie était responsable de 10,5 % des compensations financières versées. Une étude réalisée en 1998 au Royaume-Uni rapporte un coût direct de la lombalgie d’environ 6 milliards de livres et un coût global estimé entre 6,6 et 12,3 milliards de livres.

Le coût de la lombalgie dans la population active a été comparé à celui d’autres pathologies fréquentes.

Une étude réalisée parmi plus de 15 00 employés aux États-Unis montre que le coût des pathologies lombaires communes est comparable à celui de la dépression, des pathologies coronariennes et du diabète.

Une étude française réalisée parmi 20 000 volontaires montre que les impacts socio-économiques de la migraine et de la lombalgie sont similaires.

Toutefois, ces études ne permettent que des estimations et en fonction de la technique utilisée pour calculer les coûts, ceux-ci peuvent être estimés du simple au triple.

Cependant, même en utilisant les techniques donnant les estimations de coûts les plus basses, ces coûts représentent 0,28 % du PNB aux Pays-Bas en 1991.

B - IMPACT DES MÉDECINS SUR LE COÛT DES LOMBALGIES :

De nombreuses recommandations concernant la prise en charge des lombalgies aiguës et chroniques ont été publiées.

Celles-ci sont toutefois peu suivies.

Dans une étude évaluant l’application des recommandations dans la prise en charge de la lombalgie aiguë réalisée dans l’Illinois, les auteurs concluent que si les prescriptions de médication par voie orale suivent à peu près les recommandations, les prescriptions d’imagerie s’en écartent largement puisque 25 % des patients ont une prescription de radiographie standard et 16 % la prescription d’un scanner.

Dans une étude française s’intéressant aux prescriptions médicamenteuses dans la lombalgie commune aiguë ou chronique, il apparaît que dans 88 % des ordonnances, au moins un médicament inefficace est prescrit.

En ce qui concerne les prises en charge non médicamenteuses, les études sont moins nombreuses.

Un travail réalisé au Canada auprès de 274 kinésithérapeutes montre que si ceux-ci suivent généralement les recommandations, ils continuent également à utiliser des modalités thérapeutiques dont l’efficacité est au moins douteuse.

Dans une étude française portant sur 2 406 patients vus par un médecin généraliste dans les 48 premières heures d’évolution, les prescriptions consistaient en un repos au lit dans 32 % des cas, un repos à la maison dans 61 % des cas, la prescription d’antiinflammatoires non stéroïdiens, d’antalgiques de grade I ou II et de myorelaxants avec un nombre moyen de drogues prescrit de 3,2.

Une prescription de radiographie standard est faite dans 34 % des cas et un traitement physique est prescrit dans 30 % des cas.

L’orientation vers un spécialiste était proposée dans 5,4 % des cas et l’hospitalisation dans 0,8 % des cas.

Quatre-vingt-deux pour cent des patients en activité professionnelle avaient un arrêt de travail d’une durée moyenne de 8,4 jours.

Le coût moyen de la prise en charge médicale de l’épisode lombalgique était de 150 euros, 41 % de ce coût était lié à la prescription de kinésithérapie, 23 % correspondait aux honoraires des médecins et 16 % aux examens complémentaires.

Il apparaît donc que l’absence de suivi des recommandations entraîne un surcoût lié aux thérapeutiques médicamenteuses et non médicamenteuses, à la prescription d’examens complémentaires, notamment d’imagerie.

En ce qui concerne l’absence d’application des recommandations concernant les durées d’arrêt de travail, le coût n’a pas été évalué.

Le type et le nombre de thérapeutes consultés influent également sur le coût des lombalgies.

Une étude américaine réalisée chez 1 580 patients souffrant de lombalgie aiguë suivie pendant 6 mois montre que 79 % d’entre eux voient un seul thérapeute, les 21 % restant consultant divers spécialistes.

Ceci explique une augmentation des coûts passant de 439 dollars par patient voyant uniquement un thérapeute à 1 137 dollars pour les patients voyant plusieurs thérapeutes.

L’absence d’homogénéisation des prises en charge pour les lombalgiques d’un pays à l’autre entraîne des coûts considérablement différents.

Dans une étude internationale réalisée chez 2 080 patients en arrêt de travail depuis 3 mois pour lombalgie, il a été montré que la proportion de patients opérés à 1 an était de 6 % en Suède alors qu’elle était de 32 % aux Etats-Unis.

Dans cette étude, les auteurs montraient également que à peu près aucune des interventions thérapeutiques proposées n’avait un effet positif sur les mesures d’incapacité fonctionnelle et de qualité de vie ou sur le taux de reprise du travail à 1 an.

Enfin, l’utilisation de structures hospitalières dans la prise en charge des lombalgies varie considérablement d’un état à l’autre.

Une étude comparative entre une province canadienne et un état nord-américain montre des différences importantes avec des hospitalisations beaucoup plus fréquentes au Canada.

C - RAPPORT COÛT/EFFICACITÉ DES DIFFÉRENTES INTERVENTIONS PROPOSÉES POUR LA PRISE EN CHARGE DES LOMBALGIES :

Trois types d’études ont été menés, des études coût/efficacité d’interventions thérapeutiques, la comparaison du coût de la prise en charge par des médecins généralistes ou des spécialistes et le rapport coût/efficacité de campagnes d’éducation des patients et des médecins.

1- Interventions thérapeutiques :

En ce qui concerne les études coût/efficacité d’interventions thérapeutiques, celles-ci ont été essentiellement menées à propos de programmes de rééducation et de réhabilitation.

Dans la plupart de ces études, les techniques utilisées ne permettent que des approximations du rapport coût/efficacité.

En ce qui concerne la lombalgie aiguë, une étude américaine récente montre qu’un programme de restauration fonctionnelle proposé très précocement à des lombalgiques aigus identifiés comme à risque de passer à la chronicité, a un effet positif à 1 an en termes d’incapacité fonctionnelle, de coût de prise en charge et d’arrêt de travail.

Cette étude confirme les résultats du précédent travail montrant qu’un programme de rééducation précoce entraîne une diminution significative des coûts par rapport à une prise en charge usuelle avec des résultats similaires sur les douleurs et la fonction.

En ce qui concerne les lombalgies subaiguës, un travail finlandais réalisé chez 164 patients recevant soit un programme de rééducation léger associant éducation (dédramatisation de la douleur) à un programme d’exercices, soit une visite sur le lieu de travail, soit les soins usuels en ambulatoire, montre que le groupe ayant l’intervention rééducative légère a une diminution du nombre de jours avec douleurs, une diminution de la durée des arrêts de travail, une meilleure adaptation à la douleur et une meilleure satisfaction sans augmentation des coûts de prise en charge.

Cette étude est confirmée par un travail canadien montrant qu’une prise en charge multidisciplinaire associant ergothérapie et programme d’exercices permet une diminution de l’incapacité fonctionnelle et une diminution des coûts de prise en charge par rapport à une prise en charge traditionnelle ambulatoire, une prise en charge uniquement ergothérapique ou uniquement kinésithérapique.

En ce qui concerne la lombalgie chronique, une étude comparant un programme d’exercices d’intensité croissante à une prise en charge habituelle ambulatoire montre à 1 an une amélioration significative des paramètres cliniques (douleurs, incapacité fonctionnelle) dans le groupe faisant les exercices sans augmentation de coûts.

Cette étude est confirmée par un deuxième travail comparant des exercices d’intensité progressive à de la physiothérapie et à un programme de marche montrant à 15 mois une amélioration significative des paramètres cliniques et une diminution significative des coûts dans le groupe réalisant les exercices progressifs.

Il semble que l’ajout, dans ces programmes, d’une composante psychocomportementale ait un effet bénéfique.

En revanche, une étude comparant un programme de restauration fonctionnelle à un programme d’exercices réalisés en externe ne montre pas d’amélioration significative des paramètres cliniques ou une diminution des coûts à 1 an.

Cette étude est confirmée par un deuxième travail réalisé en Norvège sur 195 patients souffrant de lombalgie chronique et montrant qu’il n’y a pas de différence entre un programme de restauration fonctionnelle et un programme plus léger à 1 an en termes de résultat fonctionnel et de coût.

Enfin, un travail réalisé chez des lombalgiques subaigus et chroniques et comparant une prise en charge habituelle à un programme associant une éducation (dédramatisation de la douleur, conseils de rester actif le plus possible) à des exercices appris au cours de huit sessions de groupe, puis réalisés au domicile, montre que, à 1 an, il existe une amélioration significative des paramètres cliniques associée à une diminution des coûts directe et indirecte pendant l’année de suivi dans le groupe intervention.

2- Thérapeutes :

L’intérêt, en termes de coût, d’une prise en charge par un chiropracteur a également été évaluée et comparée à une prise en charge ambulatoire traditionnelle.

Sur 2 263 patients évalués à 1 an, les résultats fonctionnels et sur la douleur sont comparables dans les deux groupes, mais le coût de la prise en charge par un chiropracteur est significativement supérieur.

Deux études se sont intéressées au rapport coût/efficacité de la prise en charge de lombalgiques aigus ou chroniques par différents spécialistes.

Dans la lombalgie aiguë, la prise en charge par des médecins généralistes, des chiropracteurs et des chirurgiens orthopédiques était comparée à 24 semaines.

Il n’y avait pas de différence significative sur la douleur et les paramètres d’incapacité fonctionnelle entre les différents thérapeutes.

La prise en charge par un médecin généraliste était moins coûteuse que par les deux autres types de spécialistes.

En ce qui concerne la lombalgie chronique, un travail réalisé chez 398 patients et comparant la prise en charge par un spécialiste de l’appareil locomoteur et par un interniste montre que la prise en charge par le spécialiste de l’appareil locomoteur entraîne une amélioration plus importante du statut fonctionnel, mais pour un coût également plus important.

3- Campagnes d’information :

L’effet d’une campagne d’information sur les patients et les médecins en termes de coût et d’efficacité sur les croyances a également été évalué.

Deux provinces australiennes ont été comparées.

Dans l’une d’elle, l’intervention consistait en une campagne de presse (presse écrite, radio, spots publicitaires à la télévision) associée à la diffusion dans la population et chez les médecins d’un livret d’information sur la lombalgie.

Dans l’autre province, aucune intervention particulière n’a été programmée.

Les résultats montrent que les peurs et les croyances des patients et des médecins diminuent après ce type d’intervention.

En ce qui concerne les coûts, les résultats montrent que à 1 an il existe une diminution de 15 % du nombre de réclamations de compensation financière et que le montant moyen des demandes de compensation financière a également diminué de 20 %.

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