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Appareil locomoteur
Kyste anévrismal des os
Cours de l'appareil locomoteur
 


 

Généralités, définitions :

On distingue quatre types principaux de kystes anévrismaux :

– les kystes anévrismaux classiques, qui représentent une entité particulière, possédant des aspects cliniques, radiographiques et pronostiques particuliers qui sont décrits plus loin ;

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– les kystes anévrismaux secondaires qui peuvent apparaître à la suite de traumatismes ou de fractures ou se surajouter à des lésions préexistantes (kyste osseux essentiel, dysplasie fibreuse, tumeur brune d’une hyperparathyroïdie primitive), à des tumeurs osseuses bénignes (tumeur à cellules géantes, chondroblastome, ostéoblastome, fibrome histiocytaire géant) ou, enfin, à des tumeurs malignes (hémangioendothéliome, ostéosarcome télangiectasique).

Campanacci estimait que cette terminologie était incorrecte et que le diagnostic de kyste anévrismal ne devait être posé que lorsque toute autre pathologie concomitante ou préexistante pouvait être exclue.

En outre, il conseillait de ne plus utiliser les termes de « kyste anévrismal secondaire à un ostéoblastome » (chondroblastome, etc) et de les remplacer par « ostéoblastome avec aspects kystiques et hémorragiques » ;

– les kystes anévrismaux solides (ou granulomes de réparation à cellules géantes) qui ne se différencient des formes classiques que par un aspect macroscopique plus compact alors que les autres caractéristiques cliniques (distribution selon le sexe, l’âge, la position et le siège), le tableau radiologique, le traitement et le pronostic sont superposables à ceux des formes classiques ;

– les kystes anévrismaux des parties molles.

Ils peuvent se développer dans les muscles, les espaces périvasculaires, le creux sus-claviculaire ou inguinal, et ceci sans atteinte de l’os.

Le tissu présent à l’intérieur de la lésion a les mêmes caractéristiques histologiques que les kystes anévrismaux, alors que l’aspect radiologique peut rappeler, ou être identique, à celui de la myosite ossifiante (masse radiotransparente située dans les parties molles, bordée par un liseré d’os scléreux).

Épidémiologie :

En 1950, Lichtenstein a été le premier à décrire le kyste anévrismal comme une entité nosologique particulière, rejetant l’hypothèse précédente selon laquelle il s’agissait d’une tumeur à cellules géantes ou d’un angiome atypique de l’os.

Le kyste anévrismal de l’os est une lésion rare, dont l’incidence est de 0,14 pour 100 000 habitants.

Il représente 1 % des tumeurs osseuses ; il est deux fois moins fréquent que la tumeur à cellules géantes, et quatre à sept fois plus rare que l’ostéosarcome.

Il existe une légère prédominance chez la femme et le kyste apparaît habituellement (90 % des cas) avant l’âge de 30 ans.

Les cas familiaux (père et fils) sont exceptionnels.

Physiopathologie :

Le kyste anévrismal est un processus hyperplasique, réactif à une hémorragie sous-périostée ou intraosseuse.

Il s’agit donc d’une lésion pseudotumorale provoquée par des altérations hémodynamiques.

On suppose qu’une augmentation de la pression intraveineuse d’origine encore inconnue provoquerait une hémorragie locale qui, à son tour, stimulerait la prolifération d’un tissu réactif avec activation ostéoclastique.

La résorption osseuse qui s’ensuit serait cause d’une nouvelle hémorragie qui pérennise le processus.

Ce phénomène peut progresser de manière continue (menant à une lésion rapidement invasive et hautement destructrice) ou alors disparaître progressivement, aboutissant à une ossification des parois de la cavité.

Cette régression, parfois spontanée, fait plus souvent suite à des agressions mineures (biopsie), à une irradiation, à la normalisation des pressions intrakystiques après embolisation, ou à l’injection de substances ostéo-inductrices.

Un mécanisme analogue (hémorragie avec activation consécutive de tissu réactif ostéolytique) peut être à l’origine de kystes anévrismaux secondaires survenant sur des lésions dysplasiques ou tumorales.

Les rares études immunogénétiques effectuées sur le tissu du kyste anévrismal n’apportent pas d’élément déterminant : des anomalies cytogénétiques sont rapportées par certains, exclues par d’autres, alors qu’une augmentation de l’activité télomérasique serait fréquemment observée.

Récemment, des études angiographiques et immunohistochimiques ont montré, d’une part l’absence de malformation artérielle ou de shunt artérioveineux, d’autre part la présence de vaisseaux veineux efférents tortueux et dilatés, visibles au cours de la phase veineuse tardive, qui seraient la cause d’une augmentation des résistances veineuses périphériques.

Symptomatologie :

La douleur et surtout la tuméfaction sont des symptômes principaux non spécifiques.

Souvent (30 % des cas), on relève un traumatisme comme élément déclenchant.

Il a été décrit des cas exceptionnels apparus après rupture du ligament croisé ou après nécrose épiphysaire de l’enfant.

Parfois, les symptômes apparaissent ou s’aggravent au cours de la grossesse, ce qui est compréhensible étant donné la nature hyperhémique de la lésion.

Bien que le kyste soit ostéolytique et souvent amincisse les corticales, les fractures des os longs sont assez rares.

Au rachis au contraire, les tassements vertébraux et les symptômes neurologiques qui en découlent (compression médullaire ou radiculaire) sont fréquents (45 % des cas).

Parfois, les kystes peuvent atteindre des dimensions considérables et prendre l’allure d’une tumeur maligne.

Localisations :

A - DONNÉES GLOBALES :

Il s’agit habituellement d’une lésion unique.

Les localisations successives ou bilatérales sont rarissimes : dans de telles situations, il faut s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un hémangioendothéliome multifocal, d’un ostéosarcome télangiectasique métastatique et/ou d’une hyperparathyroïdie.

Selon les données de la littérature, le siège le plus fréquent se situe aux os longs du membre inférieur (366 cas sur 897), puis sur le squelette axial (205 cas/897) et les os longs des membres supérieurs (144 cas).

Le tibia est le siège de prédilection (157 cas), suivi du fémur (143 cas), du bassin (104 cas), du rachis dans son ensemble (101 cas).

Une fréquence non négligeable est également observée au péroné (66 cas).

Les localisations aux mains (42 cas) et aux pieds (57 cas) sont rares et presque toujours limitées aux os tubulaires. Le bassin représente la localisation préférentielle en ce qui concerne les os plats (61 cas).

B - OS LONGS :

Le kyste anévrismal des os longs siège habituellement à la métaphyse (45 à 56 % des cas) ou la zone métaphysodiaphysaire (40 à 28 % des cas), rarement à la diaphyse et jamais à l’épiphyse, du moins isolément.

Il peut, en revanche, s’étendre de la métaphyse vers l’épiphyse.

Chez l’enfant, les kystes anévrismaux juxtaépiphysaires des os longs peuvent franchir le cartilage de croissance, envahir l’épiphyse et provoquer des troubles de croissance.

L’envahissement épiphysaire est plus fréquent (70 %) chez les patients âgés de plus de 13 ans, alors qu’il est plus rare (7 %) chez les enfants très jeunes. Le phénomène se produit surtout pour les kystes de type II agressifs.

Ceci a été confirmé par d’autres auteurs qui ont observé un franchissement du cartilage de croissance chez 23 % des jeunes patients dont le cartilage était encore ouvert et chez 68 % des patients à cartilage déjà fermé.

C - COLONNE VERTÉBRALE :

À la colonne vertébrale, les segments cervicaux et thoraciques sont les plus affectés, suivis par le sacrum puis par le rachis lombaire.

Le kyste anévrismal de localisation vertébrale touche presque constamment l’arc postérieur et s’étend très souvent (deux tiers des cas) au corps vertébral.

Les lames sont les éléments postérieurs le plus fréquemment touchés (80 %) suivis des pédicules (59 %) et plus rarement des apophyses épineuses, des transverses et des facettes articulaires (22 %).

Les localisations isolées du corps vertébral sont rares.

Parfois (15 %), on peut observer une extension du processus à une ou plusieurs vertèbres contiguës (15- 40 % des cas), probablement par l’intermédiaire des facettes articulaires (dont la surface cartilagineuse ne constituerait pas une barrière), alors que le disque vertébral est en général préservé.

D - PELVIS :

Au pelvis, le kyste se localise habituellement sur le cadre obturateur (branche iliopubienne, ischion) et de là peut s’étendre jusqu’à l’acétabulum (50 % des cas) ou plus rarement jusqu’à l’aile iliaque (20 %) ou sur tout un hémipelvis.

Tous les cas de kystes anévrismaux rapportés par Vergel étaient au voisinage du cartilage en « Y » : lorsque cette structure est encore ouverte, elle est franchie dans 33 % des cas ; après sa fermeture, elle est franchie dans 75 % des cas.

Au pelvis, le kyste anévrismal peut parfois prendre un aspect agressif pseudomalin.

E - SACRUM :

Au sacrum, contrairement au rachis mobile, on observe presque toujours une atteinte antérieure et postérieure, et constamment l’atteinte de plusieurs pièces sacrées.

En cas de localisation à l’aileron sacré, le cartilage de l’articulation sacro-iliaque ne représente pas toujours une barrière et peut donc être dépassé, le kyste envahissant alors le bassin.

Aspects radiologiques :

A - PHASES ÉVOLUTIVES :

Le kyste anévrismal présente plusieurs phases évolutives aux caractéristiques différentes :

– à la phase initiale, il apparaît sous la forme d’une lésion purement ostéolytique de siège souvent excentré ou même sous-périosté, et donc rarement intramédullaire.

La corticale peut être amincie ou détruite.

Le périoste peut être décollé et repoussé vers les parties molles sans présenter de réaction d’ostéogenèse.

Les limites entre kyste et parties molles ne sont pas visibles.

Le bord interne de la cavité est irrégulier, peu net, simulant parfois une lésion maligne.

Cette phase est définie « agressive » et appelée « stade 3 de Enneking » ;

– à la phase intermédiaire, est observée une réaction ostéoformatrice du périoste qui souligne le contour du kyste sous forme d’un fin liseré d’os néoformé d’aspect initialement discontinu, puis de plus en plus net.

Du côté diaphysaire du décollement périosté, on peut voir se constituer un triangle de Codman.

Les limites intraosseuses de la lésion sont assez nettes, présentant un fin liseré d’os réactionnel ; par la suite apparaissent de fins septa ou crêtes pariétales endo-osseuses.

Le kyste peut atteindre un volume considérable, soufflant et déformant la pièce osseuse.

Cette phase est dite « active » ou stade 2 de Enneking ;

– à la phase tardive ou de réparation, les bords de la lésion et les septa endo-osseux deviennent de plus en plus scléreux et épais.

Les contours sont nets et bien individualisés, avec une bordure dense vers l’intérieur de l’os et un fourreau osseux périosté en direction des parties molles.

Le kyste peut partiellement s’ossifier, formant un os trabéculaire immature (frosted glass) et/ou diminuer lentement de dimensions.

Cette phase est dite « inactive » ou « latente » ou stade 1 de Enneking ; elle est observée dans les rares cas de guérison spontanée ou bien à la suite d’un traitement radiothérapique, d’une embolisation ou de stimuli ostéo-inducteurs.

B - CLASSIFICATION :

En 1985, Capanna et al ont proposé une classification, utilisée ensuite par d’autres auteurs, basée sur cinq types morphologiques différents.

– Type I : le kyste occupe la partie centrale de l’os, la corticale est normale ou légèrement soufflée mais non rompue.

Ce type est habituellement observé aux métaphyses ou aux zones métaphysodiaphysaires des os longs ; c’est la forme la plus habituelle dans l’os spongieux.

– Type II : la lésion intéresse tout un segment osseux qui est le siège d’une importante tuméfaction avec corticale amincie.

Cette variété se voit en général aux métaphyses ou aux zones métaphysodiaphysaires des os longs de petit calibre (péroné, radius, cubitus) ou des os tubulaires (métacarpes, métatarses), endroits où le kyste peut concerner rapidement toute la largeur de l’os.

C’est aussi le type le plus fréquemment observé sur les os plats.

– Type III : ce sont des kystes excentrés, habituellement de siège métaphysaire, beaucoup plus rarement métaphysodiaphysaire, qui ne touchent qu’une seule corticale, en ne provoquant en général que peu de modifications du contour osseux.

Dans de tels cas, on ne peut exclure l’hypothèse que le kyste soit né en zone sous-périostée, et que par la suite il détruise la fine corticale osseuse et le spongieux sous-jacent.

Ultérieurement, le périoste (qui ne se décolle pas facilement de la corticale dans de telles régions du fait de la présence d’insertions capsulotendineuses) reforme un fourreau osseux qui peut donner une fausse impression d’origine centrale du kyste.

– Type IV : ce sont des formes rares, d’origine clairement souspériostée, qui érodent la face superficielle de la corticale.

Initialement, le soulèvement périosté n’est visible qu’à l’angiographie ou à l’imagerie par résonance magnétique (IRM). Par la suite, il va s’ossifier.

Cette variété est presque exclusivement observée dans les rares formes diaphysaires, là où le périoste se décolle facilement et où la corticale est relativement épaisse.

– Type V : il s’agit encore de kystes sous-périostés mais qui s’expandent vers les parties molles ou vers l’intérieur de l’os en détruisant la corticale.

Cette variante s’observe dans les zones métaphysodiaphysaires, là où le périoste est facilement décollable mais où la corticale est fine.

Commentaire :

Dans notre expérience, les types I, II, III et V ont à peu près la même fréquence (23 %), alors que la forme IV est nettement plus rare (5 %).

Vergel et al rapportent 23 % de lésions centromédullaires, 58 % de lésions médullaires excentrées, 12 % de lésions corticales (comparables au type V) et 7 % de lésions superficielles (superposables au type IV).

C - ANGIOGRAPHIE :

Elle ne montre pas d’importants pédicules vasculaires mais plutôt un fin réseau de petits vaisseaux avec blush uptake diffus et persistance prolongée du produit de contraste à l’intérieur du kyste.

Il n’y a jamais de malformation artérielle ou de shunt artérioveineux, mais on a rapporté des anomalies veineuses lors de la phase tardive.

D - TOMODENSITOMÉTRIE (TDM) :

Elle montre souvent des niveaux liquides intrakystiques : le sérum (du fait de sa basse densité) se sépare des cellules sanguines (plus denses).

Mieux qu’en radiologie conventionnelle, on peut ici visualiser le décollement périosté, l’apparition d’une fine ossification périostée néoformée, le liseré de sclérose intraosseuse, l’éventuelle destruction de la corticale.

E - IMAGERIE PAR RÉSONANCE MAGNÉTIQUE :

Elle montre les septa intrakystiques, avec leur aspect en « bulle de savon », bien mis en relief par la fixation du gadolinium. On peut repérer les niveaux liquides.

Le sang à l’intérieur des lacunes kystiques est détecté par un fort signal en T2.

Les niveaux liquides ne sont pas spécifiques du kyste anévrismal, pouvant aussi être observés dans d’autres tumeurs à forte composante vasculaire (ostéosarcome télangiectasique, kystes anévrismaux secondaires).

Selon certains auteurs, ils sont mieux évalués par l’échographie que par la TDM.

Les niveaux liquides sont fréquemment observés lors de la phase intermédiaire ou finale (88 % des cas), alors qu’ils sont habituellement absents au stade initial ou lorsque le kyste a été remanié par des biopsies ou de précédentes interventions chirurgicales.

F - SCINTIGRAPHIE OSSEUSE AU TECHNÉTIUM :

Elle montre une fixation forte en périphérie de la lésion, tandis que la zone centrale est peu ou pas fixante.

Anatomie pathologique :

A - ASPECTS MACROSCOPIQUES :

Contrairement au tableau radioclinique parfois agressif et pseudomalin, l’aspect macroscopique d’un kyste anévrismal est plutôt rassurant.

Les tissus mous avoisinants, même s’ils sont refoulés par le kyste et un peu adhérents au périoste, ne sont jamais envahis : le kyste est entouré d’un périoste continu.

Il peut parfois se présenter sous la forme d’un « sac fibreux » de consistance molle et de couleur bleuâtre (contenu sanguin visible à travers un périoste aminci et translucide).

Le périoste peut être le siège d’une ostéogenèse réactionnelle.

Lorsque, en cours d’intervention, on ouvre un kyste anévrismal, on constate souvent une abondante hémorragie de sang veineux.

Cette hémorragie persiste pendant tout le temps du curetage du tissu intrakystique.

Elle ne cesse qu’après son exérèse complète.

La cavité est occupée par un tissu d’aspect spongieux contenant d’épais septa de couleur gris rougeâtre (plus rarement blanchâtre) qui délimitent des lacunes remplies de sang parfois coagulé.

Ce sang n’est pas en connexion avec la circulation corporelle ; il est « filtré » à travers les parois de la cavité.

Le tissu intrakystique se détache facilement des parois osseuses, laissant apparaître une surface bien nette d’os cortical ou spongieux.

Dans les formes inactives du kyste anévrismal, le contenu liquide est parfois plus séreux que sanglant et son contenu « solide » est réduit à quelques cloisons fibreuses.

Dans certains cas, le kyste anévrismal est rempli d’un tissu charnu (ayant les caractéristiques précédemment décrites) mais d’aspect plus compact, c’est-à-dire sans septum ni lacune.

C’est le kyste anévrismal dit « solide » (ou granulome de réparation à cellules géantes).

B - ASPECTS MICROSCOPIQUES :

Au faible grossissement, on a affaire à une structure spongieuse contenant des cavités (distendues par du sang si le kyste a été réséqué en « monobloc », collabées et réduites à des fentes si la lésion a été enlevée par curetage).

Ces cavités ne présentent pas de paroi vasculaire ou de revêtement endothélial propre.

Dans les kystes actifs, le contenu est formé d’un tissu richement cellulaire, de type fibroblastique avec des cellules géantes plurinucléées, associé à un riche réseau capillaire dans lequel peuvent être observées quelques fines travées osseuses.

Dans les kystes quiescents, les septa et les cloisons se transforment en tissu fibrohyalin ou en fibrocollagène dense, contenant peu de fibroblastes et de fibrocytes, mais beaucoup d’hémosidérine.

Diagnostic différentiel :

A - KYSTE OSSEUX ESSENTIEL :

Les éléments utiles au diagnostic différentiel sont la localisation, le type de liquide intracavitaire (clair ou sanglant), l’aspect radiologique et IRM, le mode de croissance et l’évolution clinique.

L’examen anatomopathologique permet de trancher dans les cas douteux.

B - FIBROME CHONDROMYXOÏDE :

C’est une lésion lytique métaphysaire excentrée pouvant simuler un kyste anévrismal, d’autant qu’il survient dans la même tranche d’âge.

Cependant, cette tumeur, qui détruit parfois la corticale sans la souffler, a souvent des limites polycycliques et des cloisonnements d’aspect bulleux.

L’ IRM montre l’absence de cloison et de contenu liquide.

L’anatomie pathologique permet facilement de distinguer les deux entités.

C - TUMEUR À CELLULES GÉANTES :

Les critères du diagnostic différentiel sont :

– l’âge des patients : toutes les lésions ostéolytiques métaphysaires au contact du cartilage de croissance sont, sauf cas exceptionnel, des kystes anévrismaux ou des fibromes histiocytaires ;

– l’aspect macroscopique : la tumeur à cellules géantes est plus molle que le kyste anévrismal (qui est plus riche en stroma collagène) ; elle se laisse mal détacher des parois de la cavité ;

– l’aspect anatomopathologique : il met en évidence, dans la tumeur à cellules géantes, des zones charnues contenant des cellules mononucléées typiques, des cellules géantes multinucléées sur un fond de tissu fibreux peu abondant.

Un tel aspect est d’ailleurs présent dans les kystes anévrismaux solides (dits aussi « granulomes de réparation à cellules géantes »).

D - OSTÉOSARCOME TÉLANGIECTASIQUE :

Le diagnostic est difficile sur les seules données cliniques et radiographiques, notamment en cas de kyste anévrismal agressif.

En effet, les deux formes touchent la même tranche d’âge, les mêmes régions squelettiques, et peuvent avoir le même tableau radiologique (ostéolyse intense, avec réaction périostée modérée ou absente, refoulement et interruption de la corticale) ; la confusion persiste lors de l’examen IRM (présence de septa et contenu liquide sanguin avec niveaux de densité différents).

Le diagnostic différentiel est uniquement possible lors de l’examen anatomopathologique qui révèle, dans l’ostéosarcome télangiectasique, des cellules de haut grade de malignité et des zones de nécrose.

Le diagnostic reste parfois difficile dans les cas d’ostéosarcome télangiectasique présentant de vastes cavités kystiques et une faible composante cellulaire néoplasique (celle-ci doit donc être recherchée avec soin et attention sur toute la préparation) ou encore dans certains cas, heureusement exceptionnels, d’ostéosarcomes télangiectasiques de bas grade dans lesquels les cellules néoplasiques sont difficiles à mettre en évidence.

Dans une revue de la littérature sur les « soi-disant kystes anévrismaux à évolution maligne », il a été démontré que la majorité des cas étaient dès le départ des ostéosarcomes télangiectasiques de bas grade méconnus, pris pour des kystes anévrismaux.

Traitement et résultats :

A - GUÉRISON SPONTANÉE :

Des cas de guérison spontanée ont été rapportés.

Cette éventualité ne représente pas plus de 3 % des cas (cinq sur 198 observations).

Cette guérison spontanée fait souvent suite à un acte chirurgical minime (biopsie).

Elle est plus fréquente chez l’ adulte et dans les localisations pelviennes (branches ilio- et ischiopubienne).

On assiste au remplacement progressif de l’ostéolyse par un tissu osseux trabéculaire amorphe (ayant un aspect en « verre dépoli ») tandis que le volume apparent de la lésion s’atténue.

Cette évolution peut également être observée après radiothérapie.

B - RADIOTHÉRAPIE :

Même à des doses moyennes ou basses (20-40 G) ce traitement est efficace.

En 1968, Nobler et al soulignent le faible pourcentage de récidives locales après irradiation (9 %).

Ces résultats positifs ont été confirmés par d’autres auteurs qui ont insisté sur l’importance d’un traitement par mégavoltage en haute énergie et avec de faibles doses ; l’intérêt d’une injection directe de phosphate chromique 32P colloïdal a aussi été mentionné.

Cependant, dans les grandes séries historiques, l’irradiation (seule ou à titre d’adjuvant postopératoire) n’était pas apparue comme aussi efficace.

Le pourcentage de récidives oscillait entre 22 et 17 %.

Les complications postradiothérapiques ont été nombreuses : tassements vertébraux, destruction du cartilage de croissance avec les déformations squelettiques consécutives que l’on connaît, altérations gonadiques, ostéonécrose de l’épiphyse fémorale, ankylose de hanche, paralysie du quadriceps ou du psoasiliaque pour les localisations pelviennes.

La complication la plus grave de l’irradiation reste le sarcome radioinduit : au moins 13 cas de sarcomes sur des kystes anévrismaux irradiés ont été observés de 2 à 28 ans après l’irradiation.

En raison du nombre élevé des complications et du risque de tumeur radio-induite, le traitement par radiothérapie ne devrait garder que d’exceptionnelles indications.

C - EMBOLISATION CLASSIQUE :

L’embolisation sélective est de plus en plus souvent utilisée dans le traitement des kystes anévrismaux, surtout dans des zones d’accès opératoire difficile (pelvis, vertèbres, sacrum) ou de zones où il n’est pas possible de contrôler les pertes sanguines au moyen d’un garrot (ceinture scapulohumérale, fémur proximal).

Certains auteurs ne l’utilisent que comme traitement préopératoire pour diminuer le saignement pendant le curetage et permettre ainsi une ablation plus complète et plus précise de la lésion.

D’autres, au contraire, considèrent que l’embolisation peut être le seul traitement.

L’embolisation aurait, à elle seule, la faculté de rendre le kyste inactif (bloquant sa croissance et éliminant sa symptomatologie douloureuse dans 90 % des cas) ; elle semble bien induire des phénomènes de réparation (avec ossification progressive des septa et des parois osseuses chez 58 % des patients) pour finalement permettre un remodelage osseux (avec nette diminution du volume dans 16 % des cas).

Les signes de reconstruction osseuse débutent au bout de 2 à 4 mois et se terminent au bout de 8 à 12 mois, mais les phénomènes de remodelage sont en fait incomplets et très lents (quelques années).

Globalement, l’évolution des kystes après embolisation rappelle celle des kystes irradiés.

Cet effet de réparation est particulièrement utile et souhaitable dans les kystes qui soufflent l’os (type II) en phase agressive : même en cas de réponse partielle, l’apparition d’une ossification périphérique facilite une chirurgie ultérieure, rendant alors praticable une intervention de curetage plutôt qu’une résection.

Souvent (chez 70 % des patients), l’embolisation doit être répétée (de deux à quatre fois) avant de pouvoir constater un début de réponse. Une absence de réponse est observée chez 10 % des patients embolisés.

Il faut cependant préciser que l’embolisation n’est pas toujours praticable, soit en raison de l’absence de mise en évidence des vaisseaux afférents (dans les lésions vertébrales), soit parce que le vaisseau afférent du kyste est également un vaisseau nourricier de la moelle épinière.

Cette éventualité limite l’application de la méthode à 80 % des kystes traités.

Le risque majeur des embolisations sélectives est l’ischémie de structures vitales (viscérales et surtout nerveuses).

Pour cette raison, mais aussi afin de prévenir des lésions neurologiques liées à une éventuelle occlusion des vasa nervorum, il est conseillé d’évaluer les potentiels évoqués somatosensitifs avant de pratiquer l’embolisation.

Il est aussi recommandé d’effectuer l’embolisation périphérique avec des particules fines (polyvinyl alcool) plutôt qu’avec des spirales de Gianturco, ces dernières rendant difficile ou impossible la répétition des embolisations.

D - EMBOLISATION PERCUTANÉE :

Déjà largement appliquée avec succès dans le traitement des malformations veineuses des parties molles, cette technique a été récemment appliquée aux kystes anévrismaux du fait des analogies histologiques, angiographiques et pathogéniques des deux maladies.

La substance utilisée est une solution alcoolique d’une protéine du blé dénommée zéine (Ethibloct).

Celle-ci se comporte comme un puissant agent sclérosant qui induit localement une thrombose intravasculaire accompagnée d’une réaction inflammatoire locale importante, suivie à distance d’une intense fibrose puis de processus de réparation ostéogénique.

Cette substance est introduite sous contrôle TDM (dans les localisations pelviennes principalement) ou mieux encore sous contrôle radioscopique : la viscosité élevée du produit et sa radio-opacité permettent de contrôler le bon remplissage du kyste et d’éviter le passage du produit dans la circulation.

Il est bon, pendant l’injection du produit, d’effectuer, lorsque cela est possible, une compression manuelle des gros vaisseaux veineux en amont de la lésion.

Avant l’injection du produit sclérosant, il faut injecter un liquide de contraste habituel et non toxique ; si on constate un franc passage du produit dans la grande circulation, il faut renoncer à l’embolisation car des cas exceptionnels d’embolies pulmonaires ont été décrits.

Si le remplissage du kyste n’est pas complet, il faut parfois effectuer des injections séparées pour atteindre les différentes zones, en contrôlant chaque fois au préalable l’importance et les modalités des fuites intraveineuses.

Après l’injection apparaît une intense réaction inflammatoire locale avec douleur et parfois de la fièvre. Des cas exceptionnels ont été rapportés dans lesquels la réaction a été si violente qu’elle a imposé l’ablation chirurgicale de la substance.

La réponse radiologique ne peut être évaluée qu’après 6 mois ; à cette période, si l’évolution n’est pas en bonne voie, il faut discuter, soit d’effectuer une autre injection (réponse partielle), soit d’attendre 6 mois de plus pour que se complètent les manifestations ostéogéniques de réparation (elles peuvent demander plus de 1 an pour se constituer).

Dans une grande série rapportée par Guibaud, une régression totale a été obtenue dans 87 % des cas, et une régression partielle dans les 13 % restants, ceci sans aucune récidive.

E - CHIRURGIE :

Elle représente actuellement le traitement de choix.

Dans les plus grandes séries, le pourcentage de récidives locales après curetage conventionnel est de 20 % environ.

Mais certains auteurs rapportent des pourcentages nettement supérieurs (entre 37 et 59 %) et conseillent l’association d’adjuvants locaux ou le recours, lorsque cela est possible, à des interventions plus agressives (hémirésection ou résection totale sous-périostée).

Dans une importante revue de la littérature de 771 cas, les pourcentages suivants de récidives ont été rapportés :

– 30,8 % (149 cas sur 484) après curetage simple ;

– 14,2 % (5 cas sur 35) après curetage et irradiation ;

– 12,8 % (10 cas sur 78) après curetage associé à une cryothérapie ;

– 7,4 % (6 cas sur 81) après résection marginale ; – 0 % (0 cas sur 59) après résection large ;

– 11,8 % (4 cas sur 34) après irradiation isolée. Les récidives apparaissent dans les 2 ans qui suivent l’intervention et dépendent de différents facteurs :

– l’âge du patient : le risque est trois fois plus élevé chez les patients jeunes (moins de 15 ans ou avec cartilages de croissance ouverts) ;

– le siège : les variétés « centromédullaires » (types I et II) récidivent beaucoup plus souvent (cinq fois plus) que les formes souspériostées (types III, IV, V) ;

– le stade : les récidives se voient uniquement dans les formes actives ou agressives, jamais dans les formes inactives ;

– un indice mitotique élevé ;

– des indications opératoires incorrectes et des techniques opératoires insuffisantes (curetage par un abord étroit, nonutilisation d’adjuvants locaux).

En 1986 a été proposé un protocole, actuellement encore parfaitement valable, pour un traitement différencié des kystes anévrismaux ; il intègre les facteurs de risque cités plus haut.

Ses principaux éléments sont les suivants :

– le curetage économique à travers un orifice osseux étroit n’est indiqué que pour les kystes centraux ou excentrés (type I ou III), de stade 1 ou inactif ;

– le curetage doit être plus extensif et réalisé par une large ouverture corticale (véritable « saucérisation ») dans tous les kystes de types I et II, de stade évolutif ou agressif.

Il est important de pratiquer l’exérèse complète de tous les septa et crêtes osseuses internes à la cavité avec avivement des parois à la fraise rotative à haute vitesse (qui à elle seule réduit le risque de récidive à 12 %).

Il est de plus fondamental de compléter le curetage par utilisation d’un adjuvant local (phénol, ciment, ou azote liquide) ;

– dans les kystes sous-périostés (type IV ou V), il faut pratiquer une hémirésection de la paroi périphérique du kyste, bien cureter son versant cortical (type IV) ou médullaire (type V) et se servir éventuellement des adjuvants locaux (selon l’activité du kyste) ;

– la résection totale sous-périostée du kyste représente le traitement de choix des zones « accessoires » — os « sacrifiable (péroné proximal, cubitus distal, côtes, branches ilio-ischio-pubiennes) — ».

Ce traitement peut également être envisagé pour des sites fonctionnellement plus importants dans les rares cas où le kyste est extrêmement destructeur et agressif (type II).

En ce qui concerne les adjuvants locaux, plusieurs alternatives peuvent être envisagées.

– Utilisation du phénol concentré (à 80 %), neutralisé par la suite avec de l’alcool absolu, par application au tampon sur des parois osseuses, application qui est répétée au moins trois fois.

Le phénol est un agent cytotoxique non sélectif qui n’agit que par contact et qui ne pénètre pas à l’intérieur de la paroi osseuse.

Il représente donc un adjuvant local d’efficacité modeste capable cependant d’abaisser le pourcentage de récidives locales à 12-20 %.

Ce produit présente l’avantage de prévenir d’éventuelles infections (car c’est aussi un désinfectant), de ne pas avoir d’action mécanique nocive sur l’os ou les cartilages (articulaires ou de croissance), et de pouvoir être associé à d’autres adjuvants.

– Cautérisation au bistouri électrique.

Cette technique, surtout effectuée sous argon, associe un bon effet hémostatique à une pénétration peu importante (1 mm).

– Utilisation de ciment en tablant sur l’effet thermique et toxique de la polymérisation :

– l’effet thermique dépend de différents facteurs :

– la quantité de ciment utilisée : la production de chaleur est peu importante pour une cavité inférieure à 1 cm de diamètre ; elle est efficace pour des cavités supérieures à 3 cm ;

– la conductivité de l’os à la chaleur et la possibilité de pressurisation du ciment entre les trabécules : c’est de cela que dépend le « halo » de nécrose qui est plus important dans l’os spongieux (2-3 mm) que dans l’os cortical (0,5 mm) ;

– la vitesse de dissipation de la chaleur, variable, influencée par la vascularisation de l’os, l’effet étant plus important si le flux sanguin est interrompu par l’utilisation d’un garrot ;

– l’effet toxique dépend de la libération in situ du monomère et est d’autant plus importante que la préparation du ciment est effectuée avec des méthodes non sophistiquées ne permettant pas d’aspirer et d’éliminer le monomère.

Ozaki et al rapportent un pourcentage de récidives locales nettement plus bas dans les kystes anévrismaux traités par curetage et ciment (17 %) que dans ceux traités par curetage et greffe osseuse (37 %).

D’autres auteurs nient l’effet adjuvant du ciment car, dans des modèles expérimentaux, ils auraient trouvé, à l’interface os/ciment, une température (48 °C) bien inférieure à celle nécessaire pour induire un effet cytodestructeur (60 ou 50 °C pendant au moins 6 minutes), alors qu’histologiquement et au marquage par la tétracycline, aucune ostéonécrose trabéculaire n’a été observée.

D’autres remarques sont à formuler à propos de cette technique :

– le ciment garantit indéniablement un remplissage parfait de la cavité, offre une bonne fiabilité structurale (renforçant l’ostéosynthèse et la tenue mécanique des vis), permet la mise en charge immédiate et un dépistage précoce d’éventuelles récidives locales ;

– le ciment, s’il est mis au contact des cartilages (de croissance ou articulaires), peut être cause d’éventuels dommages par effet thermique, par augmentation de la rigidité de l’os sous-chondral, par les rapports étroits qu’il peut contracter avec ces structures, ce qui rend difficile ultérieurement son ablation.

C’est pour ces raisons que l’on préfère généralement éviter le ciment dans les kystes anévrismaux qui sont au contact des cartilages, à moins que l’on prenne certaines précautions comme interposer entre ciment et cartilage un greffon osseux ou un fragment aponévrotique (fascia cryoconservé) ;

– certains auteurs conseillent d’enlever le ciment au bout de quelques mois ou années et de le remplacer par une greffe osseuse : ce procédé n’est, à notre avis, pas nécessaire et de toute façon ne doit pas être effectué avant au moins 2 ans, période qui représente la phase la plus critique pour l’apparition des récidives.

Cryochirurgie à l’azote liquide :

Une nécrose cellulaire peut être obtenue en abaissant la température tissulaire entre –21 et –60 °C.

Elle est due au choc thermique, à la déshydratation et aux altérations électrolytiques qui s’ensuivent, à la formation de cristaux intracellulaires, à la rupture des membranes, à la dénaturation des protéines cellulaires et à l’oblitération de la microcirculation.

L’efficacité du traitement dépend de différents facteurs parmi lesquels le type de cellules traitées, la densité et la vascularisation du tissu, la présence de molécules cryoprotectrices, la vitesse de refroidissement et de réchauffement utilisée, la température absolue de refroidissement atteinte et la durée d’application.

Le meilleur effet destructeur est obtenu par congélation rapide suivie d’un réchauffement lent (l’effet est moindre en cas de congélation lente avec réchauffement rapide).

Dans la première éventualité, les nombreux cristaux intracellulaires (dus à la congélation rapide) recristallisent sous forme d’un petit nombre de cristaux de grande dimension, qui rompent les membranes et provoquent la mort cellulaire et ceci ne se produit que si le réchauffement est lent.

Ce cycle de congélation-décongélation doit être répété plusieurs fois (au moins trois) pour obtenir une nécrose totale : en effet, la microcirculation de l’os (et donc ses capacités de thermodéperdition) s’altère progressivement et chaque cycle devient chaque fois plus efficace que le précédent.

La nécrose osseuse ainsi obtenue peut s’étendre sur 7-12 mm autour de la zone d’application.

Selon ce qui est dit plus haut, on comprend combien il est difficile de moduler et de contrôler l’effet de l’azote liquide in vivo, lorsqu’il est déversé à l’intérieur du kyste anévrismal.

Certains auteurs ont mis en relief la diminution du risque de récidives (18 %) dans les cas traités par l’azote liquide par comparaison avec des cas traités par les techniques traditionnelles (59 %), mais ils insistent par ailleurs sur le haut pourcentage de complications liées à cette technique (11 à 28 % de fractures secondaires ; 5 à 10 % d’ennuis de cicatrisation des parties molles).

La récente introduction de sondes permettant d’injecter un gel stérile ou de pulvériser un spray tout en « monitorant » la température par un thermocouple, a rendu la méthode plus fiable, plus reproductible et plus efficace, avec seulement 4 % de récidives locales et moins de complications (fractures 4 %, infections 7 %).

Étant donné la fragilisation de l’os induite par la cryothérapie et la difficulté prouvée de réhabitation des greffons osseux insérés dans une cavité cryotraitée, la tendance générale est de combler ces cavités avec du ciment acrylique pour éviter le problème des fractures secondaires.

F - INJECTIONS INTRAKYSTIQUES :

Deux méthodes sont à mentionner.

1- Utilisation de substances « ostéo-inductrices » :

Cette technique se fait par un abord chirurgical limité (juste suffisant pour effectuer un prélèvement biopsique et un curetage partiel) et consiste à remplir la cavité par de la poudre d’os associée à de la moelle osseuse.

L’objectif est de stimuler une réaction ostéoinductrice et ostéogénique de la membrane intrakystique.

Pour obtenir un effet ostéo-inducteur, les greffons osseux doivent être déminéralisés (afin « d’exposer » la bone morphogenic protein) tandis que la moelle osseuse peut être utilisée, soit in toto, soit en préparation « purifiée » (concentration des ostéoblastes et des ostéocytes).

Actuellement, les cas traités sont trop peu nombreux pour permettre des conclusions définitives.

Même si les résultats préliminaires sont prometteurs, la technique est de toute façon particulièrement intéressante étant donné sa simplicité, sa faible dangerosité et son caractère peu invasif (par comparaison avec la chirurgie traditionnelle et avec l’embolisation sélective ou percutanée).

2- Infiltrations médicamenteuses :

Quelques cas de kystes anévrismaux traités par des infiltrations de calcitonine, ou bien de calcitonine et de méthylprednisolone, ou encore par de la dexaméthasone orale ont été rapportés.

La calcitonine limiterait l’activité ostéoclastique alors que les corticoïdes seraient angiostatiques.

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