Rechercher dans le site  |   Devenir membre
      Accueil       |      Forum     |    Livre D'or      |     Newsletter      |      Contactez-nous    |                                                                                                          Envoyer par mail  |   Imprimer

fr_badge_google_play.png

 
Neurologie
Hypertension artérielle et cerveau
Cours de Neurologie
 

 

Introduction :

Le cerveau est, avec le rein et le coeur, l’un des trois organes-cibles de l’hypertension artérielle.

Celle-ci est le facteur de risque principal de tous les sous-types d’accidents vasculaires cérébraux, en favorisant la fibrillation auriculaire, l’athérome des vaisseaux extracérébraux et la lipohyalinose des vaisseaux intracérébraux qui prédisposent aux infarctus lacunaires et aux hémorragies intracérébrales spontanées.

Les infarctus cérébraux d’origine athérothrombotique et lacunaires sont plus fréquents chez les hypertendus, et leur risque de survenue augmente proportionnellement aux chiffres tensionnels.

À côté du risque d’accident vasculaire cérébral, l’hypertension artérielle augmente aussi le risque de déclin cognitif et de démence.

La prévalence de l’hypertension artérielle croît avec l’âge et, dans les pays occidentaux, près d’une personne sur cinq a des chiffres tensionnels élevés ou est traitée pour une hypertension artérielle.

Cela souligne l’importance du problème en terme de santé publique.

Complications cérébrales aiguës de l’hypertension artérielle :

A - Accidents vasculaires cérébraux :

1- Épidémiologie :

L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque de tous les soustypes d’accidents vasculaires cérébraux.

Un accident vasculaire cérébral sur deux survient chez un hypertendu.

Le risque d’accident vasculaire cérébral, toutes formes confondues, est multiplié par quatre chez l’hypertendu, après ajustement sur l’âge, sans valeur seuil.

Même une hypertension artérielle limite double le risque d’accident vasculaire cérébral.

Toutefois, cette dichotomie entre hypertendus et normotendus ne favorise pas l’identification du rôle du niveau tensionnel.

Sur la base d’une méta-analyse incluant neuf études prospectives observationnelles et incluant 420 000 individus suivis en moyenne pendant 10 ans, il a été mis en évidence une relation graduelle nette entre la pression artérielle diastolique et l’incidence des accidents vasculaires cérébraux et des pathologies coronariennes.

Cette méta-analyse ne suggère aucun seuil en dessous duquel le risque resterait constant quelle que soit la valeur tensionnelle, même chez les normotendus.

Pour chaque élévation de 7,5 mmHg de pression artérielle diastolique, l’incidence des accidents vasculaires cérébraux augmente de 46 % et celle des pathologies coronariennes de 29 %.

La courbe n’a pas l’aspect en J qui suggérerait une augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral pour les valeurs les plus basses de pression artérielle.

Une proportion importante d’accidents vasculaires cérébraux est donc directement attribuable à l’hypertension artérielle : 56,4 % chez l’homme et 66,1 % chez la femme.

Ils représentent les accidents vasculaires cérébraux que le traitement de l’hypertension artérielle permettrait d’éviter.

L’élévation de la pression artérielle systolique et de la pression artérielle diastolique sont toutes deux des facteurs de risque indépendants d’accident vasculaire cérébral : il n’y a pas d’argument permettant d’affirmer que la pression artérielle diastolique puisse jouer un rôle plus important que la pression artérielle systolique.

Bien que de nombreux essais cliniques aient utilisé la pression artérielle diastolique comme base de la classification des patients, la pression artérielle systolique est un meilleur témoin du risque d’accident vasculaire cérébral que la pression artérielle diastolique, qui est plus difficile à mesurer et varie moins que la pression artérielle systolique.

Chez des patients dont la pression artérielle systolique est de 160 mmHg ou plus, le risque d’accident vasculaire cérébral n’augmente pas avec la valeur de pression artérielle diastolique, alors que chez les patients ayant une hypertension artérielle diastolique, le risque d’accident vasculaire cérébral augmente graduellement avec les chiffres de pression artérielle systolique.

Les données de la cohorte de Framingham confirment la prééminence des chiffres de pression artérielle systolique sur ceux de pression artérielle diastolique, en particulier chez les sujets les plus âgés.

Avec l’âge, la pression artérielle systolique a tendance à s’élever, tandis que la pression artérielle diastolique se stabilise ou même diminue.